Comment financer la rénovation de son logement ?
Rénover son logement, qu’il s’agisse d’améliorer le confort, de faire des économies d’énergie ou de remettre un bien ancien aux normes, représente un investissement important. Heureusement, de nombreuses solutions de financement existent : aides publiques, prêts à taux zéro, crédits travaux… Encore faut-il s’y retrouver et savoir comment les mobiliser efficacement.
Financer ses travaux avec un prêt : les options disponibles
Rénover un logement représente souvent un investissement conséquent. Lorsque les aides publiques ne suffisent pas à couvrir l’ensemble des dépenses, le recours à un prêt peut s’avérer indispensable. Bonne nouvelle : il existe plusieurs solutions de financement spécifiquement conçues pour les travaux de rénovation, qu’ils soient énergétiques, esthétiques ou structurels.
Parmi elles, l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) se distingue par son absence d’intérêts et ses conditions d’obtention relativement accessibles. Pour évaluer votre éligibilité et le montant auquel vous pouvez prétendre, vous pouvez effectuer une simulation pour l’éco-PTZ, première étape essentielle dans la planification de vos travaux.
Tour d’horizon des principales options.
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
Conditions
Ce prêt est destiné aux propriétaires occupants ou bailleurs d’un logement utilisé comme résidence principale, construit depuis plus de deux ans. Il n’est pas soumis à des conditions de ressources, ce qui le rend accessible à un large public.
Les travaux doivent viser à améliorer la performance énergétique du logement. Sont éligibles par exemple :
- l’isolation thermique (toiture, murs, planchers),
- le remplacement d’un système de chauffage obsolète,
- l’installation d’un système de production d’eau chaude performant,
- ou encore une rénovation globale atteignant un certain niveau de performance.
Les travaux doivent obligatoirement être réalisés par des professionnels RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Montants
Le montant du prêt dépend de la nature et de l’ampleur des travaux engagés :
- Jusqu’à 15 000 € pour une seule action (ex. : isolation de la toiture),
- Jusqu’à 25 000 € pour un bouquet de deux travaux,
- Jusqu’à 50 000 € pour une rénovation globale avec audit énergétique.
La durée de remboursement peut s’étendre jusqu’à 20 ans, selon le projet.
Avantages
- Taux d’intérêt nul, pris en charge par l’État ;
- Pas de condition de ressources ;
- Possibilité de faire une demande auprès de la majorité des banques partenaires ;
- Peut être accordé en complément d’autres financements.
Bon à savoir : Il est tout à fait possible de cumuler l’éco-PTZ avec MaPrimeRénov’, sous certaines conditions. Ce cumul permet de réduire significativement le reste à charge, notamment pour des travaux énergétiques lourds.
Le prêt travaux classique ou prêt personnel
Pour quels types de projets ?
Contrairement à l’éco-PTZ, le prêt travaux classique n’est pas limité aux rénovations énergétiques. Il peut financer :
- des travaux d’aménagement intérieur (cuisine, salle de bain),
- de décoration,
- de rénovation partielle,
- ou des projets d’extension ou de transformation non éligibles aux aides publiques.
Il est ouvert aux propriétaires, mais aussi aux locataires qui souhaitent améliorer leur confort dans le logement.
Lire aussi : Quel type de prêt pour financer vos travaux ?
Différence avec un crédit immobilier
Le prêt travaux classique est généralement un crédit à la consommation affecté, c’est-à-dire que les fonds sont utilisés exclusivement pour le paiement de travaux. Il n’est pas garanti par une hypothèque et ne nécessite pas de passage chez le notaire.
Cela le distingue du prêt immobilier, souvent plus complexe à mobiliser pour des rénovations seules, sauf dans le cadre d’un achat avec travaux intégrés.
Montants et durée
- Montants : en général de 1 000 € à 75 000 € ;
- Durée de remboursement : jusqu’à 10 ans selon les établissements bancaires ;
- Taux d’intérêt : varie selon la conjoncture économique, le montant emprunté et le profil de l’emprunteur. Le taux d’intérêt est généralement plus élevé que pour un prêt immobilier
Certains établissements exigent des justificatifs (devis, factures) pour accorder le prêt.
Bon à savoir : Pour un prêt au delà de 70 000 €, il est possible de solliciter un prêt immobilier. Cela permet d’étaler les mensualités sur une durée plus longue afin d‘optimiser votre taux d’endettement et de profiter d’un taux plus bas. Mais attention, le coût total peut être supérieur au prêt travaux en raison de la durée de remboursement plus longue et des frais annexes de ce type de prêt.
Le prêt d’Action Logement
Public visé
Ce prêt est destiné aux salariés du secteur privé non agricole, travaillant dans une entreprise de plus de 10 salariés cotisant à Action Logement. Le bénéficiaire doit être propriétaire occupant ou bailleur d’un logement en France métropolitaine ou en DROM.
Taux préférentiel
- Le prêt est accordé à un taux fixe très avantageux, souvent autour de 1,5 % ;
- Il permet de financer une partie des travaux d’amélioration ou de mise aux normes de l’habitat.
Conditions d’accès
- Le logement doit être occupé à titre de résidence principale ;
- Les travaux doivent être réalisés par des professionnels ;
- Le prêt est plafonné à 10 000 €, avec une durée de remboursement jusqu’à 10 ans ;
- Il est soumis à l’accord préalable d’Action Logement, sur dossier.
Ce prêt est souvent utilisé en complément d’un crédit bancaire ou d’une aide publique pour diminuer le coût global du financement.
Lire aussi : Le prêt Action Logement ou prêt employeur
Quelles sont les aides financières pour rénover son logement ?
En plus des prêts, il existe de nombreuses aides financières destinées à encourager la rénovation des logements, en particulier lorsqu’il s’agit d’améliorer la performance énergétique, d’adapter le logement à une perte d’autonomie ou de remettre en état un bien dégradé. Ces aides, souvent cumulables, peuvent couvrir une part importante du coût des travaux. Certaines sont nationales, d’autres locales, et la plupart nécessitent un accompagnement administratif précis pour être obtenues.
MaPrimeRénov’ : l’aide phare pour la rénovation énergétique
Fonctionnement
MaPrimeRénov’ est une aide publique distribuée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Elle a pour objectif de financer des travaux de rénovation énergétique dans les résidences principales, qu’il s’agisse d’isolation, de chauffage, de ventilation ou encore d’audit énergétique.
La demande s’effectue en ligne sur le site officiel france-renov.gouv.fr, avant le démarrage des travaux. L’aide est versée après la réalisation des travaux, sur présentation des factures.
Conditions d’éligibilité
- Tous les propriétaires sont éligibles, qu’ils soient occupants ou bailleurs, ainsi que les copropriétés pour les parties communes.
- Le logement doit être construit depuis plus de 15 ans (ou 2 ans en cas de remplacement de chaudière au fioul).
- Les travaux doivent être réalisés par une entreprise labellisée RGE.
- Le montant de l’aide dépend du niveau de revenus du foyer (quatre profils : bleu, jaune, violet, rose) et des gains énergétiques obtenus.
Montant et types de travaux couverts
- L’aide peut financer jusqu’à 90 % du montant des travaux pour les ménages aux revenus modestes.
- Certains gestes (isolation, remplacement de chaudière, etc.) peuvent ouvrir droit à des forfaits compris entre 1 000 € et 20 000 €.
- En cas de rénovation globale, un bonus est possible si le logement passe à un niveau énergétique performant.
Les primes CEE et aides de l’ANAH
Primes énergie (Coup de pouce, etc.)
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sont un dispositif obligeant les fournisseurs d’énergie à promouvoir les économies d’énergie auprès des consommateurs. Cela se traduit par des primes financières versées aux particuliers pour certains travaux.
- Prime « Coup de pouce » pour l’isolation, le chauffage ou la rénovation globale.
- Montant variable selon les revenus, la nature des travaux et le gain énergétique.
- Aide versée directement par un fournisseur partenaire (TotalEnergies, EDF, Engie, etc.).
Ces primes sont souvent cumulables avec MaPrimeRénov’, à condition de respecter certaines règles d’éligibilité.
MaPrimeAdapt’ / MaPrime Logement Décent
Deux aides spécifiques gérées également par l’Anah :
- MaPrimeAdapt’ : destinée aux personnes âgées ou en situation de handicap. Elle finance des travaux d’adaptation du logement (douche à l’italienne, monte-escalier, etc.) jusqu’à 70 % des frais.
- MaPrime Logement Décent : pour réhabiliter un logement insalubre ou indécent. Montant pouvant aller jusqu’à 70 % du coût total, plafonné à 70 000 €.
Cumulabilité avec d’autres aides
La plupart de ces aides sont cumulables entre elles ainsi qu’avec certains prêts (éco-PTZ, prêt Action Logement). Il est donc essentiel de :
- planifier les demandes dans le bon ordre (aides avant devis),
- vérifier les plafonds de cumul autorisés,
- et anticiper les délais de réponse des différents organismes.
Les aides locales et régionales à ne pas négliger
Subventions des collectivités
De nombreuses communes, intercommunalités, départements ou régions proposent des aides complémentaires :
- Subventions pour rénovation thermique,
- Aide à l’achat de matériaux écologiques,
- Soutien à l’accompagnement technique (audit, architecte, etc.).
Les montants et critères varient selon les territoires. Il est recommandé de consulter les dispositifs sur le site de l’ANIL ou auprès des Espaces Conseil France Rénov’ locaux.
Exonérations fiscales possibles
Certaines collectivités proposent des exonérations temporaires de taxe foncière (jusqu’à 5 ans) en cas de rénovation importante. Pour en bénéficier :
- Les travaux doivent représenter au moins 10 % de la valeur du logement ;
- Il faut déposer une demande auprès du centre des impôts dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux.
Rénovation et fiscalité : réductions, TVA et déductions
En complément des aides publiques et des prêts dédiés, il existe également des dispositifs fiscaux qui permettent de réduire le coût global d’un projet de rénovation. Qu’il s’agisse d’une rénovation énergétique, d’une amélioration du confort ou de l’adaptation du logement, certains travaux ouvrent droit à des avantages fiscaux non négligeables. À condition, là encore, de respecter certaines règles.
TVA réduite à 5,5 % pour certains travaux
La plupart des travaux de rénovation énergétique bénéficient d’une TVA à taux réduit de 5,5 %, au lieu du taux normal de 20 %.
Ce taux préférentiel s’applique :
- aux travaux d’isolation thermique (toiture, murs, fenêtres),
- à l’installation d’équipements économes en énergie (chaudière à condensation, pompe à chaleur, chauffe-eau solaire…),
- aux travaux induits (dépose, évacuation des déchets, remise en état).
Conditions à respecter :
- Le logement doit être achevé depuis plus de 2 ans ;
- Les travaux doivent être réalisés par une entreprise (auto-réalisation exclue) ;
- Une attestation simplifiée peut être demandée par le professionnel pour appliquer le bon taux.
Ce taux réduit s’applique directement sur les factures : vous n’avez donc aucune démarche fiscale à entreprendre.
Crédit ou réduction d’impôt dans certains cas
Même si les crédits d’impôt pour la transition énergétique (CITE) ont été remplacés par MaPrimeRénov’, certains cas particuliers permettent encore de bénéficier d’un avantage fiscal :
- Si vous réalisez des travaux dans un logement locatif classé en monument historique, ou inscrit à l’inventaire supplémentaire, vous pouvez déduire une partie des travaux de vos revenus fonciers ;
- Les bailleurs peuvent bénéficier d’un abattement fiscal dans certains programmes (dispositif Loc’Avantages par exemple) s’ils rénovent un logement avant de le louer à un loyer modéré ;
- En cas d’adaptation du logement pour une personne âgée ou handicapée, certaines dépenses peuvent également être déductibles ou ouvrir droit à un crédit d’impôt (notamment pour les équipements sanitaires adaptés).
Il est important de vérifier l’éligibilité avec un conseiller fiscal ou un courtier spécialisé, car ces dispositifs évoluent régulièrement.
Importance de faire appel à des professionnels RGE
Dans la plupart des cas (aides, TVA réduite, avantages fiscaux), une condition revient systématiquement : faire appel à un professionnel Reconnu Garant de l’Environnement (RGE).
Pourquoi est-ce indispensable ?
- C’est une condition obligatoire pour bénéficier de MaPrimeRénov’, de l’éco-PTZ et de la TVA réduite à 5,5 % ;
- Cela garantit que les travaux respectent les normes de performance énergétique ;
- Cela facilite la constitution des dossiers de financement auprès des banques et des administrations.
Bien planifier son projet pour optimiser son financement
Pour tirer pleinement parti des aides et prêts disponibles, une bonne organisation est indispensable. Voici les étapes clés à suivre.
1. Structurer ses travaux
Commencez par établir une liste claire des travaux à réaliser, en priorisant ceux liés à l’énergie (isolation, chauffage) si vous visez des aides comme MaPrimeRénov’ ou l’éco-PTZ. Pensez à demander plusieurs devis pour affiner votre budget.
2. Réaliser un audit énergétique
Recommandé pour les rénovations globales ou les logements classés F ou G, l’audit énergétique permet de cibler les travaux les plus efficaces. Il peut également ouvrir droit à des aides renforcées.
3. Comparer les financements
Entre aides publiques, prêts à taux zéro, crédits classiques et dispositifs locaux, il est essentiel de comparer les options pour optimiser votre reste à charge.
4. Se faire accompagner
Des structures comme France Rénov’ ou un courtier comme Helloprêt peuvent vous guider dans le choix des aides, le montage des dossiers et la recherche du financement adapté.