Quel type de prêt pour financer vos travaux ?

Vous avez jeté votre dévolu sur un bien ancien. Problème, la moquette beige et les lambris ne sont plus vraiment au goût du jour. Une rénovation s’impose ! Pour la financer, vous avez besoin d’un prêt travaux. Faut-il choisir un prêt spécifique, et si oui, lequel ? Pouvez-vous inclure l’enveloppe travaux dans un prêt immobilier ? Spoiler, la réponse est oui, mais vous ne connaissez peut-être pas les conséquences liées à ce montage financier. C’est pourquoi on se fend aujourd’hui d’un guide complet sur les différents types de prêts pour financer vos travaux !

Le prêt travaux : pour quel emprunteur et quel type de travaux ?

  1. Première hypothèse : vous n’êtes pas encore propriétaire et vous avez trouvé un logement ancien qui nécessite des travaux. Dans ce cas-là, vous avez besoin d’un prêt immobilier pour financer l’acquisition et d’un prêt travaux.
  2. Deuxième hypothèse : vous êtes déjà proprio et vous avez en tête de retaper votre résidence principale, de réhabiliter votre résidence secondaire ou de donner un coup de jeune à un bien destiné à de l’investissement locatif. Travaux d’isolation, décoration, pose d’une cuisine intégrée : autant de raisons qui peuvent justifier le recours à un prêt travaux. Mais pas seulement ! Si vous êtes l’heureux propriétaire d’une maison avec jardin, vous avez peut-être envie d’y installer une piscine ou d’y bâtir une extension. Et vous pouvez aussi demander un prêt travaux pour votre extérieur !

Les différents types de prêts pour travaux : affecté, non-affecté, immobilier

On a la fâcheuse habitude de parler prêt travaux, mais en fait il en existe trois grandes familles, qu’on vous présente maintenant.

1. Le prêt personnel

Il s’agit d’un prêt non affecté : vous empruntez une somme d’argent à la banque, que vous pouvez utiliser librement. Elle ne vous demandera ni devis ni justificatif. C’est un choix idéal si vous souhaitez entreprendre des travaux sans passer par un professionnel. Les fonds sont débloqués dès acceptation de la demande. Inconvénient, le TAEG du crédit à la consommation est généralement bien plus élevé que celui d’un prêt immobilier. Une affirmation qui reste à nuancer, car vous n’avez ni garantie (hypothèque, cautionnement…) ni assurance emprunteur à souscrire.

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2. Le prêt affecté

Le crédit affecté est comme son nom l’indique un crédit affecté à un projet précis. Pour vous, ce sera les travaux. Vous ne pouvez pas utiliser une fraction de l’argent pour vous payer, mettons, des vacances à Bali. Mais comment la banque serait-elle au courant, vous demandez-vous ? Tout simplement en vous demandant de produire des justificatifs comme des devis et des factures. En outre, il n’est pas rare que certains établissements prêteurs transfèrent l’argent directement aux entreprises. Si vous enfreignez cette règle, le prêt travaux pourra être résilié. Et vous devriez rembourser la somme prêtée !

3. Le prêt immobilier avec enveloppe travaux

Ultime piste : souscrire un prêt immobilier. Vous pouvez choisir cette solution dans le cadre d’un package acquisition de bien immobilier + travaux, mais également si vous êtes déjà propriétaire et que votre logement a besoin d’une amélioration, d’une réparation ou d’un entretien. Pour accepter votre demande, la banque vérifiera que votre capacité d’emprunt soit suffisante et que vous ne dépassez le taux d’endettement.

En outre, pour pouvoir qu’une offre de prêt vous soit accordée, il vous faudra prendre :

  • Une sûreté pour garantir le remboursement du prêt travaux (hypothèque, cautionnement, nantissement) ;
  • Une assurance de prêt, qui elle aussi est onéreuse, puisqu’elle représente jusqu’à un tiers du montant total de l’opération.

Et on ne vous parle pas des frais de dossier de la banque. Ah si, on vient de le faire. Mais réjouissez-vous, les taux d’emprunt restent assez bas, en tout cas plus bas que ceux des prêts personnels.

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Financement des travaux par un prêt immobilier : obligatoire au-dessus de 75 000 €

On vous a laissé penser jusqu’ici que vous avez le choix entre différents produits pour votre prêt travaux, mais c’est inexact. Le montant des travaux à réaliser conditionne ce choix :

  • S’il est inférieur à 75 000 € : vous pouvez opter indifféremment pour un prêt affecté, un prêt non-affecté ou un prêt immobilier pour travaux. Encore que certaines banques rechignent à accorder un crédit immobilier pour une somme inférieure à ce montant ;
  • Au-delà de 75 000 € : vous êtes obligé de passer par un prêt immobilier pour travaux. La loi interdit en effet le recours à un crédit à la consommation, qu’il soit affecté ou non. C’est une question de protection de l’emprunteur, pour éviter le surendettement, comme des établissements bancaires.

Prêt immobilier avec travaux faits soi-même : possible ou pas ?

La réponse est sans appel : c’est non. Pourquoi ? Tout simplement parce que la banque impose que les travaux soient réalisés par des professionnels. Elle débloque les fonds seulement sur présentation des justificatifs. Si vous vous rêviez en Valérie Damidot, il ne vous reste qu’une solution : le crédit à la conso non affecté.

Inclure les travaux dans le prêt immobilier : quelles conséquences ?

On vous l’a dit plus haut, un prêt immobilier avec travaux doit être garanti par une assurance de prêt. Or les primes d’assurance sont calculées en fonction du montant que vous empruntez. Et mathématiquement, il est plus élevé dans l’opération prêt d’acquisition + prêt travaux. Un surcoût auquel vous ne pourrez pas échapper et qui peut s’avérer conséquent !

Un point positif tout de même : vous n’avez qu’une seule mensualité à rembourser, laquelle peut être étalée sur une période plus longue. Si vous êtes un peu juste en termes de taux d’endettement, cette solution est probablement la plus adaptée.

Opter pour la formule prêt travaux + prêt immobilier : quelles conséquences ?

Dans cette hypothèse, vous aurez deux mensualités à rembourser : celle de votre prêt travaux et celle de votre prêt acquisition. Plusieurs avantages :

  • Vous ne payez pas d’assurance de prêt sur le crédit travaux ;
  • Vous pouvez choisir une durée plus courte pour le prêt travaux et donc le solder plus rapidement ;
  • Vous pouvez demander le lissage des mensualités des deux emprunts. Par exemple, l’échéance de votre prêt immo sera plus basse pendant le temps où vous remboursez le prêt travaux, puis revue à la hausse ensuite.

Mais cette formule présente aussi un inconvénient majeur : les intérêts intercalaires. Kézako ? On vous rappelle que dans un prêt travaux, les fonds sont débloqués au fur et à mesure de l’avancée des travaux. L’amortissement, c’est-à-dire le moment où vous commencez effectivement à rembourser les intérêts et le capital, est différé jusqu’à l’achèvement des travaux. Vous n’êtes pas sans savoir que la banque ne prête jamais d’argent gratis. C’est pourquoi elle vous demandera de payer des frais jusqu’à ce que le prêt soit intégralement débloqué : ce sont les intérêts intercalaires. Lesquels s’ajouteront aux intérêts classiques de votre emprunt. La facture peut vite grimper !

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Les prêts aidés pour la réalisation de travaux

Vous êtes déjà propriétaire, vous n’avez pas besoin d’un prêt immobilier avec travaux, mais seulement d’un prêt travaux ? Voici quelques pistes à explorer qui vous aideront à les réaliser.

1. L’éco-PTZ : un prêt pour les travaux de rénovation énergétique

Vous pouvez prétendre, sous conditions, à un prêt travaux à taux zéro d’un montant de 7 000 à 30 000 € pour :

  • Des travaux d’isolation ;
  • Des travaux d’amélioration de la performance énergétique globale de votre logement ;
  • La réhabilitation d’un système d’assainissement non collectif.

2. Le PEL

L’argent placé sur votre plan épargne logement peut être débloqué pour des travaux d’amélioration du logement, à condition que celui-ci soit utilisé comme résidence principale.

3. Le prêt pass travaux : réservé aux salariés d’une entreprise d’au moins 10 salariés

Le PPT de son petit nom sert essentiellement au financement des travaux d’agrandissement du logement. Les travaux de décoration, de sécurité ou de mise aux normes du logement sont aussi éligibles.

4. Le prêt conventionné

Pour avoir droit au PC, vous devez réaliser des travaux d’un montant minimum de 4 000 €. Seuls trois types de travaux sont éligibles :

  • Ceux permettant des économies d’énergie ;
  • Ceux permettant d’agrandir le logement ;
  • Ceux qui ont pour but de transformer un local commercial ou professionnel en local d’habitation.

5. Le prêt d’accession sociale : pour les ménages modestes

Le PAS fonctionne sur le même principe que le PC et pour les mêmes types de travaux, à l’exclusion de la transformation de local.

6. Le prêt amélioration de l’habitat : pour les allocataires de prestations familiales

Versé par la Caf, il peut être affecté à des travaux de rénovation ou d’isolation thermique. Cependant, il reste très limité, puisque son montant maximum est fixé à 1 067.14 €.

7. Le prêt Anah travaux

Il s’agit en fait d’une subvention jusqu’à 80 000 €, que vous n’aurez donc pas à rembourser. Elle est accordée aux propriétaires occupants et bailleurs. Les conditions d’attribution, les travaux éligibles et le montant de l’aide diffèrent en fonction de la qualité du proprio.

Vous souhaitez connaître le meilleur taux auquel vous pouvez prétendre pour votre prêt immobilier avec travaux ? Notre simulateur d’emprunt est là pour ça !