Les différentes garanties de prêt immobilier
Vous n’êtes pas sans le savoir, les banques sont particulièrement frileuses ! Elles aiment prêter de l’argent, mais aiment surtout être remboursées. Or, l’une de leurs problématiques principales est d’obtenir la garantie, sur une longue période, que vous êtes bien capable de rembourser votre crédit, et ce, malgré les accidents de parcours. Alors si votre avenir professionnel et la stabilité de vos revenus ne sont pas certains, comment peut-elle s’assurer d’être remboursée en totalité ?
Pour pallier à cette incertitude, la banque va vous demander de souscrire une garantie emprunteur. Mais comment se retrouver face à toutes les possibilités ? Allez, on vous fait une petite visite guidée des différentes garanties emprunteurs possible pour votre prêt immobilier !
A quoi sert une garantie de prêt immobilier ?
Quand vous empruntez pour acheter un bien immobilier, la banque veut s'assurer qu'elle récupérera les sommes prêtées, même si vous avez un coup dur. La garantie de prêt immobilier sert justement à cela : c’est une sécurité pour la banque en cas de défaillance de remboursement. Si vous ne pouvez plus payer, elle peut alors se faire rembourser soit par un tiers (via une caution), soit sur vos biens (hypothèque, IPPD, nantissement).
Est-il obligatoire de garantir un prêt immobilier ?
La loi ne rend pas obligatoire la garantie d’un prêt immobilier. Mais dans les faits, toutes les banques en exigent une. Il serait extrêmement risqué pour elles d’accorder un crédit sans garantie, surtout sur 20 ou 25 ans. C’est pourquoi, même si ce n’est pas une obligation légale, la garantie est une condition incontournable pour obtenir votre financement immobilier.
Les 5 garanties du prêt immobilier en bref
| Type de garantie | Fonctionnement | Coût estimé pour l’emprunteur | Utilité concrète |
| Hypothèque | Le bien immobilier est mis en garantie. En cas d’impayé, la banque peut le saisir. | ~1,5 % à 2 % du montant du prêt + mainlevée 0,3 % à 0,6 % | Souvent utilisée pour les VEFA, terrains ou en cas de refus de caution. Privilégiée pour certains profils. |
| IPPD (privilège prêteur de deniers) | Garantie inscrite sur un bien déjà existant. Moins coûteuse que l’hypothèque. | ~0,5 % à 1 % du montant du prêt | Alternative économique à l’hypothèque pour les biens construits. |
| Nantissement | Une épargne ou un contrat (assurance vie, PEA…) est bloqué à titre de garantie. | Frais fixes ~500 à 1 000 € selon la banque | Intéressant pour éviter d’utiliser son épargne en apport ou contourner un refus de caution. |
| Caution par un organisme | Un organisme spécialisé se porte garant à votre place. | ~1 % du montant du prêt + parfois des frais fixes (150 € à 600 €) | La garantie la plus courante : simple, rapide, sans notaire. Possibilité de remboursement partiel à terme. |
| Caution personnelle | Un proche s’engage à rembourser à votre place en cas de défaillance. | Gratuit (hors frais annexes si garanties supplémentaires demandées) | Très engageante pour la caution. Rarement acceptée sans garanties complémentaires (ex. nantissement). |
Le cautionnement par un organisme : la garantie le plus commune
En quoi consiste le cautionnement par un organisme ?
Le cautionnement par un organisme est aujourd’hui la solution la plus fréquemment choisie pour garantir un prêt immobilier. Il repose sur un principe simple : un organisme tiers se porte garant auprès de la banque, à votre place. En cas de défaillance de votre part, c’est cet organisme qui rembourse la banque.
Ces organismes, comme Crédit Logement, Saccef, CAMCA ou encore CMH, analysent votre dossier pour déterminer s’ils acceptent ou non de vous cautionner. En contrepartie, vous versez une commission et une participation à un fonds de garantie, parfois partiellement remboursée en fin de prêt s’il n’y a eu aucun incident.
Lire aussi : Comment bien choisir sa caution de prêt immobilier ?
Quel est le coût de ce type de cautionnement ?
| Organisme de cautionnement | Coût estimé (commission + fonds mutuel de garantie) | Remboursement partiel possible ? |
| Crédit Logement | Environ 1,2 % à 1,4 % du montant emprunté¹ (exemple concret : ~1,33 % pour 200 000 €) | Oui, jusqu’à 70 % à 75 % du FMG restitué en fin de prêt |
| CAMCA | Environ 1,2 % à 1,8 % du montant emprunté | Rarement remboursé ou très partiellement |
| Saccef | Variable selon les banques partenaires, généralement entre 1 % et 1,4 % | Oui, dans certains cas |
| CMH | Similaire à Saccef, avec des frais souvent un peu moins élevés | Oui, selon les accords bancaires |
Bon à savoir : Le coût exact dépend de plusieurs critères : montant emprunté, durée du prêt, profil emprunteur et politique interne de l’organisme.
Le cas particulier de la caution mutuelle fonctionnaire
Les fonctionnaires peuvent bénéficier d’une caution encore plus avantageuse via des mutuelles spécialisées. Le fonctionnement est similaire, mais :
- Les frais sont réduits : autour de 0,4 % à 0,5 % du montant emprunté.
- Le risque perçu comme faible par les organismes permet d’obtenir de meilleures conditions.
- Le dispositif est souvent exclusivement réservé aux titulaires de la fonction publique.
Lire aussi : Fonctionnaire : nos conseils pour votre prêt immobilier
Pourquoi privilégier la caution ?
La caution par un organisme présente plusieurs avantages majeurs :
-
Pas de frais de notaire, contrairement à une hypothèque ou une IPPD.
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Pas d’inscription au service de publicité foncière.
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Mise en place rapide et 100 % dématérialisée avec certaines banques.
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Pas de saisie du bien immobilier directement : l’organisme de caution cherche des solutions amiables avant toute action.
👉 C’est donc une solution idéale pour :
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L’achat d’une résidence principale, notamment pour les primo-accédants sans patrimoine à garantir.
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Un investissement locatif en nom propre (sans montage complexe), si l’organisme accepte le cautionnement.
Quelles sont les limites de ce type de cautionnement ?
Malgré ses nombreux atouts, la caution par un organisme n’est pas toujours accessible ni adaptée pour les raisons suivantes :
- Refus possible si votre profil est jugé trop risqué (taux d’endettement > 35 %, revenus instables, situation financière complexe).
- Non compatible avec certains types de prêts, notamment les prêts in fine et les prêts professionnels ou montages en SCI.
- Coût souvent supérieur à celui d’un nantissement ou d’une caution personnelle si vous avez un garant solide.
La caution personnelle : le cautionnement entre particulier
La caution personnelle est une forme de garantie où un proche (famille ou ami) s’engage à rembourser votre prêt si vous êtes en défaut. Contrairement à une société de cautionnement, ici il s'agit d'une personne physique qui prend un engagement financier fort envers la banque.
Ce type de garantie est gratuit dans sa mise en œuvre, ce qui peut sembler très avantageux. Il n'y a ni frais de notaire ni commission à verser, et elle peut être mise en place rapidement, sous réserve d'acceptation par la banque.
Les limites de la caution personnelle pour emprunter
Malgré sa gratuité, la caution personnelle est rarement acceptée seule par les banques, car elle comporte plusieurs risques :
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Le cautionnant (la personne qui vous couvre) doit justifier d’un patrimoine solide. La banque exigera souvent qu’il dispose de revenus élevés ou de capitaux suffisants pour faire face au remboursement du prêt.
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Très souvent, la banque demandera en plus au cautionnant de nantir une partie de son épargne, ce qui complique la démarche.
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Le risque pour la caution est très élevé : en cas de défaillance de votre part, elle devient redevable du prêt, ce qui peut entraîner des conséquences financières lourdes (saisie sur compte, patrimoine personnel engagé…).
👉 En pratique, seules des personnes très proches et financièrement solides peuvent accepter ce type d’engagement : parents, conjoints, ou amis de longue date avec une grande confiance.
Bon à savoir : ce type de caution peut également être solidaire ou simple :
- La caution simple ne peut être sollicitée que si la banque a tout tenté contre l’emprunteur principal.
- La caution solidaire (la plus fréquente) permet à la banque d'agir directement contre la caution dès la première défaillance.
En quoi consiste le nantissement ?
Le nantissement consiste à mettre en garantie un actif financier ou un contrat d’épargne (comme une assurance-vie, un PEA ou un compte-titres), au lieu d’un bien immobilier. L’épargne est alors bloquée pendant toute la durée du prêt, mais vous conservez la propriété de vos actifs. En cas de défaut de paiement, la banque peut récupérer les sommes dues directement sur ces placements.
Le nantissement est considéré comme une sûreté réelle, mais non hypothécaire. Il n’y a donc pas de frais de notaire, sauf si des actes complémentaires sont exigés dans le cadre du dossier.
Lire aussi : Prêt immobilier : comment fonctionne le nantissement ?
Dans quels cas le nantissement est-il intéressant ?
Le nantissement peut s'avérer particulièrement pertinent dans plusieurs cas de figure :
- Contourner un refus de caution : c’est une solution lorsque l’organisme de caution refuse de garantir votre prêt, mais que vous disposez d’un capital financier suffisant.
- Réduire les frais de garantie : à la différence d’une hypothèque ou d’une IPPD, le nantissement entraîne peu de frais, généralement compris entre 500 et 1 000 € selon les établissements.
- Négocier un meilleur taux de crédit : une garantie de type assurance-vie ou portefeuille financier peut rassurer la banque, ce qui peut faciliter l'obtention de meilleures conditions de financement.
- Conserver ses placements financiers : au lieu de liquider votre épargne pour constituer un apport, le nantissement vous permet de maintenir vos investissements tout en garantissant votre emprunt.
- Accéder à certains types de financement : le nantissement est souvent exigé dans le cadre de prêts spécifiques comme le prêt in fine, le prêt professionnel ou le crédit lombard.
Bon à savoir : Sur le plan patrimonial, le nantissement est souvent privilégié lorsque le taux de rendement de l’épargne est potentiellement supérieur au coût du crédit immobilier. Lorsque le spread est négatif, il peut être plus intéressant de liquider votre épargne pour augmenter votre apport afin de limiter votre recours à l’emprunt.
Lire aussi : Faut-il mettre tout son apport dans un achat immobilier ?
Quelles sont les limites du nantissement ?
Malgré ses atouts, le nantissement comporte certaines contraintes :
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Blocage de l’épargne : les fonds nantis ne sont plus disponibles tant que le crédit n’est pas remboursé, sauf accord explicite de la banque.
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Risque financier en cas de moins-value : si les actifs perdent en valeur, la banque peut exiger une garantie complémentaire.
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Acceptation variable selon les banques : certaines banques restent réticentes à utiliser le nantissement seul et préfèrent des garanties plus classiques comme la caution ou l’hypothèque.
L’hypothèque : la mise en garantie d’un bien immobilier
En quoi consiste l’hypothèque ?
L’hypothèque est une garantie réelle prise par la banque sur un bien immobilier. Elle lui permet, en cas de défaillance de l’emprunteur, de saisir et vendre ce bien pour récupérer les sommes dues. Contrairement à une vente ou un gage classique, l’hypothèque vous permet de rester propriétaire et d’occuper le bien pendant toute la durée du prêt.
Elle est formalisée par un acte notarié et inscrite au service de publicité foncière. En fin de prêt ou en cas de revente, une mainlevée d’hypothèque doit être effectuée, ce qui engendre des frais supplémentaires.
Lire aussi : Qu’est-ce qu’une hypothèque ?
Quel est le coût d’une hypothèque ?
L’hypothèque entraîne plusieurs frais :
- Frais de notaire : environ 400 à 600 € selon les cas.
- Frais de formalités et débours : environ 250 €.
- Contribution de sécurité immobilière : environ 60 €.
- Droits d’enregistrement : 0,715 % du montant garanti, incluant le capital, les intérêts et accessoires.
En moyenne, le coût global d’une hypothèque se situe entre 1,5 % et 2 % du montant emprunté.
En cas de remboursement anticipé ou de revente du bien avant la fin du prêt, des frais de mainlevée s’ajoutent, généralement compris entre 0,3 % et 0,6 % du montant initial garanti.
Exemple : pour un prêt de 200 000 €, le coût total de l’hypothèque peut atteindre environ 3 000 à 4 000 €, hors frais de mainlevée.
Dans quels cas est-il intéressant de souscrire une hypothèque ?
L’hypothèque est rarement le premier choix, principalement à cause de son coût. Toutefois, elle peut être pertinente dans certaines situations :
-
Lorsque les organismes de caution refusent le dossier (profil atypique, revenus non stables, endettement élevé).
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En cas de financement d’un bien en VEFA (achat sur plan), ou pour un terrain nu, où l’IPPD n’est pas applicable.
-
Pour certains types de prêts spécifiques comme le prêt in fine ou un financement en SCI.
Bon à savoir : Dans certaines régions comme l’Alsace-Moselle (départements 57, 67, 68), l’hypothèque est moins coûteuse grâce à un régime local spécifique. Elle y devient parfois plus avantageuse que l’IPPD, et certaines banques locales ne proposent d’ailleurs que cette option.
Quelles sont les limites de l’hypothèque ?
Les principales limites de l’hypothèque sont :
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Son coût élevé, tant à la mise en place qu’en cas de mainlevée.
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Le risque de saisie du bien immobilier, notamment problématique s’il s’agit de votre résidence principale.
-
Des démarches plus lourdes, impliquant un notaire, ce qui peut allonger les délais de mise en place du financement.
Dans de nombreux cas, l’IPPD ou la caution seront donc à privilégier.
L’IPPD : une alternative à l’hypothèque moins coûteuse
En quoi consiste l’IPPD ?
L’IPPD (Inscription en Privilège de Prêteur de Deniers) est une sûreté réelle qui fonctionne de manière très similaire à l’hypothèque. Elle permet à la banque, en cas de défaillance de l’emprunteur, de faire saisir et vendre le bien immobilier concerné.
La principale différence : l’IPPD ne peut s’appliquer que sur des biens immobiliers existants, contrairement à l’hypothèque qui peut couvrir des biens à construire ou en VEFA. Elle nécessite également un acte notarié et une inscription au service de publicité foncière, mais reste plus économique.
Lire aussi : Comprendre l'IPPD (Inscription en privilège du prêteur de deniers)
Quel est le coût d’une IPPD ?
L’IPPD est généralement moins coûteuse que l’hypothèque, car elle est exonérée de la taxe de publicité foncière qui représente une part importante du coût de l’hypothèque.
Le coût d’une IPPD comprend :
- les émoluments du notaire, calculés en proportion du montant garanti,
- les frais de formalités et débours, d’environ 250 €,
- la contribution de sécurité immobilière, d’environ 60 €.
- et en cas de revente anticipée ou de remboursement par anticipation, des frais de mainlevée, généralement compris entre 0,3 % et 0,6 % du montant initial garanti.
Au total, le coût global d’une IPPD varie généralement entre 0,5 % et 1 % du montant du prêt, selon le montant emprunté, la complexité du dossier et le barème du notaire. Bien que plus stable que celui de l’hypothèque, le coût de l’IPPD reste proportionnel au montant garanti.
Dans quels cas l’IPPD est intéressante ?
L’IPPD est à privilégier lorsque :
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le bien acheté est déjà existant (ancien, maison ou appartement déjà construit),
-
vous souhaitez minimiser les frais de garantie,
-
la caution n’est pas envisageable et le nantissement inadapté,
-
le montant du prêt est élevé : l’IPPD est alors plus économique que l’hypothèque.
C’est une garantie particulièrement pertinente pour les emprunts importants dans l'ancien puisque le coût de l’IPPD est moins sensible au montant emprunté que l’hypothèque.
Quelles sont les limites de l’IPPD ?
L’IPPD présente toutefois certaines limites :
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Elle ne peut pas être utilisée pour des biens en VEFA, des terrains à bâtir ou des projets de construction.
-
Elle nécessite un bien déjà existant, ce qui restreint son application à certains types d’achat.
-
Comme pour l’hypothèque, une mainlevée est nécessaire en cas de revente ou de remboursement anticipé, avec des frais associés.
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