Comment reporter les mensualités de son crédit immobilier ?

Vous avez commencé à rembourser votre emprunt et vous rencontrez un coup dur ? Un dispositif peut vous aider à retrouver un peu d’air : le report de crédit immobilier. Celui-ci peut être total ou partiel, mais attention, les conséquences, notamment financières, ne seront pas les mêmes. Pour quels prêts pouvez-vous l’activer ? Comment le mettre en place ? HelloPrêt vous dit tout !

Quand envisager le report de crédit immobilier ?

Selon l’observatoire du Crédit Logement, la durée moyenne du prêt immobilier en France est de 19 ans. Autant dire une très longue période ! Et pendant ce temps-là, des évènements joyeux peuvent se produire, comme la naissance d’un enfant, ou moins funky, comme une séparation ou la perte de son emploi.

Le principe du report d’emprunt immobilier

Au moment de vous accorder un prêt, la banque a étudié votre capacité d’emprunt et de remboursement au regard de vos revenus et de votre apport personnel. Ces indicateurs ont permis de déterminer un montant maximum de mensualités, afin de respecter le taux d’endettement maximum de 33 %. Le but étant de vous éviter autant que faire se peut de vous retrouver un jour dans le rouge. Oui, mais voilà, sur un crédit de 20 ans, l’imprévu peut toujours surgir…

Et mettre en péril votre budget. Mais pas de panique, il existe un mécanisme pour vous permettre de respirer en cas de coup dur : le report de crédit immobilier. Comme son nom l’indique, il consiste en une suspension du remboursement des échéances sur une période donnée.

Les conditions pour le report d’emprunt

  • Les prêts éligibles au report

Autant vous le dire tout de suite, le report de crédit immobilier ne peut pas être mis en place pour tous les types d’emprunts. En effet, est seulement concerné le prêt principal amortissable, ce qui exclut donc :

- Le prêt in fine (celui dont vous remboursez le capital à la fin) ;

- Le prêt à taux zéro (PTZ) ;

- Le prêt-relais;

- Le prêt épargne logement (PEL) ;

- Le prêt d’accession sociale (PAS) ;

- Le prêt conventionné (PC) ;

- Le prêt 1 % logement.

  • Le report doit être prévu au contrat (normalement)

En outre, le report de crédit doit avoir été prévu dans l’offre de prêt. C’est pourquoi on espère que vous êtes en train de lire cet article avant de vous mettre en quête de votre financement. Néanmoins, ne vous découragez pas si vous avez déjà souscrit un prêt ! La crise du coronavirus est passée par là, et les banques ont été appelées à faire preuve de souplesse. À l’étude de votre dossier, votre établissement prêteur peut donc décider de faire une exception. En outre, il reste toujours possible d’insérer ce type de clause dans le cadre d’un rachat d’un prêt. Contactez un courtier HelloPrêt pour en savoir plus !

Lire aussi : Les astuces pour renégocier son prêt immobilier

  • Vous devez avoir commencé à rembourser votre prêt depuis une certaine durée

Ultime condition pour le report de prêt : la durée effective d’amortissement. Reportez-vous à votre contrat, car le plus souvent, les établissements bancaires exigent que vous ayez commencé à rembourser votre crédit depuis au moins 1, voire 2 ans.

Crédit immobilier et report d’échéance : comment ça fonctionne ?

Le report de crédit peut être total ou partiel. Selon la formule que vous retiendrez, les conséquences ne seront pas les mêmes en termes d’allongement de la durée du prêt et du coût final du prêt. On vous explique !

Report partiel de crédit et report total de crédit

Revenons aux bases du prêt amortissable, pour que vous compreniez mieux la différence entre le report partiel et le report total de crédit, et leurs conséquences. Chaque mois, vous remboursez une fraction du capital emprunté et une fraction d’intérêts. Les intérêts d’emprunt sont calculés sur la base du capital restant dû. En conséquence, ils sont dégressifs. Dans les premières années de remboursement, la part d’intérêts est plus élevée que la part de capital. Les choses s’inversent ensuite.

Dans le cadre d’un report partiel de crédit, seul le remboursement des intérêts est suspendu : vous continuez donc à vous acquitter du capital restant dû. À l’inverse, dans l’hypothèse d’un report total de crédit, vous demandez à suspendre à la fois le remboursement du capital restant dû et des intérêts. Le plus souvent, c’est ce type de report qui est privilégié par les banques… Mais ce n’est pas forcément le plus avantageux pour vous.

Les conséquences du report d’échéances du prêt immobilier

Avec le report de crédit, vous n’obtenez qu’un sursis. À la fin de la période donnée, qui peut aller de 1 à 12 mois (elle excède rarement 2 à 3 mois en pratique), vous devez reprendre le remboursement de vos mensualités dans leur intégralité. Mécaniquement, la durée du prêt s’allonge, mais pas forcément de manière proportionnelle, comme vous allez le découvrir. Autre corollaire de cette facilité, un coût global de crédit qui va augmenter, parfois fortement.

  • Un allongement de la durée du prêt

L’impact du report de crédit sur la durée du prêt est plus important dans le cadre d’un report total. En effet, dans ce cas de figure, le paiement des intérêts est suspendu. Ceux-ci viennent s’ajouter au capital restant dû : c’est la capitalisation. Rappelez-vous, les intérêts que vous remboursez sont justement calculés sur le capital restant dû. Si celui-ci augmente, vous aurez besoin de plus de mois pour le rembourser. C’est ainsi que la durée d’augmentation n’est pas proportionnelle à celle de la suspension. En réalité, l’allongement dépendra du taux d’emprunt que vous avez décroché et de sa durée. Un report de 6 mois peut donc occasionner un allongement du prêt égal à 9 mois.

  • Un surcoût du crédit

Autre conséquence du report du crédit, l’augmentation du coût total du prêt. Celle-ci va dépendre de là où vous en êtes dans le remboursement de votre prêt, eu égard au mécanisme d’amortissement. En clair, l’option du report vous reviendra plus cher si vous vous situez dans les premières années de remboursement, puisque c’est pendant cette période que vous remboursez le plus d’intérêts.

Prenons un exemple chiffré, parce que c’est toujours plus clair. Il y a 18 mois, vous avez emprunté la somme de 150 000 € sur 25 ans, à un taux de 1.45 %. (L’un de nos courtiers vous aurait sans doute permis de décrocher un meilleur taux, mais passons).

Les mensualités sont fixées à 596.38 €, et vous en sollicitez le report total. Le crédit se trouve allongé de 9 mois, ce qui vous coûte au final 1 853 € de plus que prévu.

Mettons maintenant que vous ayez obtenu le même prêt au même taux, mais vous avez commencé à le rembourser il y a 10 ans.

L’allongement baisse à 8 mois et le coût supplémentaire n’est « plus que » de 1 223 €.

Le report de crédit et l’assurance de prêt, comment ça s’articule ?

Chaque mois, vous payez également une prime d’assurance emprunteur, laquelle peut représenter jusqu’à un tiers des mensualités. Autant dire que si vous pouvez vous passer, vos finances s’en trouveront grandement allégées. Oui, mais voilà, en report partiel comme en report total, il n’est pas possible de suspendre l’assurance de prêt immobilier.

Pourquoi ? C’est tout simple. L’assurance a pour but de se substituer à vous pour le remboursement de vos échéances dans au moins deux hypothèses : le décès et la perte totale et irréversible de l’autonomie. Or ces deux risques ne disparaissent pas pendant la période de report ! Vous devez donc continuer à être assuré : CQFD.

Lire aussi : Quel est le taux d’assurance en fonction de l’âge ?

Comment effectuer une demande de report de crédit immobilier ?

Parlons maintenant paperasse. Pas d’inquiétude, une fois n’est pas coutume, mais il est assez facile de demander à reporter son crédit immobilier. Il vous suffit en effet d’envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à votre banquier. Vous indiquerez la raison pour laquelle vous souhaitez suspendre le remboursement de votre prêt et la durée de report que vous envisagez. Après étude de votre demande, votre conseiller vous fera part de sa décision. Car oui, il peut refuser la demande de report, notamment si vous ne respectez pas la condition d’amortissement ou si rien n’était prévu au contrat. Il n’est pas rare que s’il accepte, il vous facture l’émission de l’avenant au contrat et du nouveau tableau d’amortissement.

À la lecture de cet article, vous n’êtes plus vraiment sûr de vouloir demander un report de crédit ? Ou le banquier vous l’a refusé ? On a une alternative à vous proposer : la modularité de crédit.

La modulation d’échéance : une alternative au report d’emprunt immobilier

Il s’agit cette fois-ci non pas de suspendre le remboursement de vos mensualités, mais d’en faire diminuer le montant. Bonne nouvelle : la quasi-totalité des contrats propose cette facilité, et celle-ci peut être mise en place pour les prêts amortissables comme les prêts in fine. Les prêts réglementés en demeurent exclus. La diminution peut aller de 10 à 30 %, et il faut avoir commencé à amortir son emprunt depuis 12 ou 24 mois.

Quelles sont les conséquences de la modulation ? Un allongement de la durée du prêt, vous le devinez, et en parallèle, un surcoût du prêt. Cependant, il s’avère moins élevé qu’en report de crédit, car vous continuez à rembourser une fraction du capital et des intérêts. Une piste à explorer, donc, d’autant plus que certaines banques ne facturent aucuns frais supplémentaires pour la modularité.

En bref

  • Le report de crédit permet de différer le paiement de ses mensualités temporairement
  • Le report peut être total ou partiel, ce qui aura une influence différente sur l’allongement et le coût final du crédit
  • Le report ne suspend pas le paiement des primes d’assurance
  • Vous pouvez préférer la modularité au report, pour que l’opération vous revienne moins cher.