Olivier Jourdan
Olivier Jourdan, le 4 mars 2026

Nos prévisions pour les taux immobiliers en 2027

L'évolution des taux immobiliers est une question essentielle pour les emprunteurs et les investisseurs immobiliers. Après une période de forte hausse en 2023, les taux ont amorcé une tendance baissière en 2024, offrant une bouffée d'oxygène aux emprunteurs. Cependant, l'avenir des taux reste incertain : quels seront les taux immobiliers en 2027 ?

Dans cet article, nous analysons les différents facteurs influençant les taux immobiliers et proposons trois scénarios possibles pour les années à venir. Faut-il anticiper et acheter aujourd'hui ou attendre en espérant de meilleures conditions ? Nous vous aidons à y voir plus clair.

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À retenir : 

  • Les taux immobiliers en 2027 pourraient évoluer entre 2,4 % et 5 % selon l’évolution des taux obligataires français et du contexte économique.
  • Le facteur clé ne sera pas uniquement la BCE, mais surtout la trajectoire de l’OAT française et le risque budgétaire.
  • Le scénario le plus probable aujourd’hui reste une stabilisation autour de 3 % – 3,5 % sur 20 ans, mais une baisse modérée ou une remontée ne sont pas à exclure.
  • Attendre une hypothétique baisse comporte un risque : un crédit peut se renégocier si les taux baissent, mais une capacité d’emprunt perdue ne se récupère pas si les taux montent.

Quelle est la tendance actuelle des taux immobiliers ?

Après une forte hausse des taux immobiliers en 2023 à la sortie du Covid, une baisse importante s’est amorcée en 2024 redonnant du souffle aux emprunteurs. 

Bien que nous soyons actuellement loin des taux immobiliers d’avant Covid, la baisse progressive des taux directeurs entrepris par la Banque Centrale Européenne a permis une diminution importante des taux du crédit début 2025 par rapport au pic de 2024.

Cela dit, les taux immobiliers sont restés relativement stables en 2025, sans baisse majeure, oscillant entre 3 % et 3,50 %, avec parfois un taux inférieur à 3 % pour les meilleurs profils emprunteurs. On peut néanmoins observer une légère remontée des taux immobiliers moyens fin 2025 et début 2026.

Autant dire qu’actuellement, la tendance des taux immobiliers est à la stabilité. La question est donc de savoir si ces taux sont susceptibles d’évoluer, à la hausse ou à la baisse, d’ici 2027. Et par extension, est ce qu’il est préférable d’attendre 2027 pour emprunter afin d’économiser sur le coût du crédit ?

Sur ce point rien n’est certain. De nombreux facteurs laissent planer quelques nuages à l’horizon pouvant entraîner une stabilisation des taux, voire une potentielle remontée.

Pour comprendre les différents scénarios, il convient dans un premier temps de se pencher sur les facteurs influençant directement l'évolution des taux immobiliers en France, puis de remonter la source pour trouver les causes premières pouvant effectuer leurs évolutions. 

Lire aussi : Nos prévisions pour les taux immobiliers en 2026

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Quels sont les facteurs influençant la formation des taux immobiliers en France pour 2027 ?

Les taux immobiliers sont fixés directement par les banques commerciales lors de leurs opérations de crédit. Elles sont en principe libres de choisir le taux auquel elles prêtent à leur client (sous réserve néanmoins de respecter le taux d’usure). Toutefois, elles sont soumises au moins à plusieurs contraintes indirectes :

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    La concurrence : Pour séduire de nouveau client, les banques doivent proposer des taux immobiliers attractifs. Dans un environnement concurrentiel où de nombreux courtiers comme Helloprêt sont chargés de trouver les meilleurs taux immobiliers, elle ne saurait trouver de client si le taux pratiqué est trop élevé.

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    Le taux de refinancement : Lorsqu’une banque commerciale accorde un crédit, elle crée de la monnaie en inscrivant un avoir sur le compte de son client. Dès lors que cet argent est transféré à un client d’une autre banque (pour un achat immobilier par exemple), la banque productrice du prêt se retrouve débitrice auprès de la banque du vendeur. Si son solde sur le marché interbancaire est négatif, elle devra trouver un moyen de se refinancer auprès de la banque centrale ou auprès d’autres banques commerciales en payant des intérêts correspondant au taux de refinancement fixé par la Banque Centrale Européenne (ce qu’on appelle communément le taux directeur). Dès lors, si la banque se trouve débitrice durablement sur le marché interbancaire à cause de ses opérations de crédit et que le taux du crédit accordé est inférieur au taux de refinancement, elle perd de l’argent.

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    Le risque de défaut de remboursement : La banque prêteuse doit aussi prévoir une marge pour pallier le risque de défaut de remboursement appelé prime de risque. Plus le risque est élevé, plus le taux augmente afin de compenser les conséquences financières d’un défaut de remboursement.

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    Les taux des emprunts obligataires de l’Etat français servent de référence économique pour la fixation des taux longs. En toute cohérence, et toutes choses égales par ailleurs, pour un prêt d’une même durée, prêter à l’Etat français est moins risqué que de prêter à un particulier. Les taux immobiliers doivent donc être en théorie supérieur au taux obligataire.

Ainsi, la concurrence entre les banques sert de plafond pour la fixation du taux (il faut rester compétitif) tandis que le taux de refinancement sert de plancher (bien qu’en raison des anticipations et de leur situation, certaines banques pourraient prêter en dessous de ce taux). Enfin, la prime de risque (écart entre taux obligataire servant de référence et taux immobilier) sert de modulateur pour tenir compte des risques de défaut de chaque client.

La politique de la Banque Centrales Européenne pour lutter contre l’inflation

Même si la Banque Centrale n’accorde pas directement de crédit aux agents économiques, elle dispose d’un véritable pouvoir pour réguler l’offre de crédit dans une zone de crédit : le taux directeur. Celui-ci influence directement l’évolution des taux immobiliers.

A la lecture de ce graphique, on observe facilement le lien entre les taux de refinancement de la BCE et l’évolution des taux immobiliers.

Ainsi, prédire les taux immobilier de 2027 revient à anticiper ce que seront les taux directeurs à cette échéance.

Or, la Banque Centrale Européenne a pour seul mandat de lutter contre l’inflation, c'est-à-dire la hausse générale des prix. Son mandat lui impose de faire converger l’inflation vers 2 % / an. En augmentant ou en baissant ses taux directeurs, elle influence indirectement la quantité de monnaie en circulation ce qui influence la trajectoire des prix.

Donc, lorsque l’inflation dépasse les 2 %, elle sera susceptible d’augmenter ses taux directeurs et à l’inverse, de les baisser si elle veut dynamiser la croissance.

En 2025, l’inflation mesurée en zone euros était de 2,3 %, très proche de l’inflation cible de la BCE. De nombreux analystes estiment que la baisse de l’inflation devrait se poursuivre en 2026, sauf bouleversement économique majeur.

Cela étant, rien n’indique actuellement que la BCE compte dans un avenir proche baisser ses taux. Il est fort probable qu’elle préfère conserver une marge de manœuvre pour les baisser en cas de risque de déflation, c'est-à-dire de baisse généralisée des prix (qui est tout aussi néfaste pour une économie que l’inflation).

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En conclusion : selon nos prévisions, l’évolution des taux immobilier d’ici 2027, ne sera probablement pas influencée par la politique monétaire de la BCE. Mais d’autres facteurs peuvent influencer la trajectoire des taux pour 2027. C’est le cas notamment du taux obligataire des emprunts de l’Etat français.

Les taux d’emprunt obligataire à long terme de l’État français

Les taux directeurs de la BCE sont des taux à court terme. Par exemple, le taux de refinancement (composante du taux directeur) est à horizon une semaine. 

Or, un prêt immobilier est généralement souscrit à taux fixe pour une durée supérieure à 10 ans. Il n’est donc pas suffisant de se baser sur le seul taux de refinancement pour déterminer le taux immobilier sur une longue période

Pour déterminer le taux immobilier adapté à un horizon long, il faut trouver une référence comparable : les taux “sans risque” à long terme.

Les obligations émises par l’État français sont le candidat idéal. Les taux pratiqués sont soumis à une logique d’offre et de demande, le risque de défaut de paiement est très faible et la durée du prêt peut être la même qu’un emprunt immobilier.

En toute logique donc, plus le taux d’emprunt de l’État français est élevé, plus les taux immobiliers le sont. Il y a un lien de causalité entre ces deux taux, modulo une prime de risque supérieure pour les taux immobiliers. 

Les taux obligataires français sont aussi influencés indirectement par les taux de la BCE. Mais vu qu’il s’agit de taux long, les acheteurs de la dette française tiennent compte de l’évolution future des taux directeurs :

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    Si les anticipations sont à la baisse, les taux obligataires seront généralement en dessous du taux directeur.

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    Si les anticipations sont à la hausse, les taux obligataires seront généralement au-dessus du taux directeur.

À ces anticipations, il faut aussi tenir compte du risque de défaut de remboursement. Plus les créanciers estiment que la France risque de faire défaut dans le remboursement des obligations, plus les taux sont susceptibles de monter, pouvant engendrer une hausse des taux immobiliers.

C’est exactement ce que l’on observe actuellement. Les difficultés budgétaires de la France ont entraîné un léger doute sur les marchés ayant pour conséquence une dégradation de sa note auprès des agences de notation et un écart de taux plus important qu’à l’accoutumé avec l’Allemagne (servant souvent de référence pour comparaison).

Cela étant, les banques semblent anticiper une normalisation de la situation puisqu’en 2025, les taux immobiliers ont été en moyenne inférieur au taux obligataire français sur 10 ans. 

Au regard de ce que nous avons dit, cette situation est relativement anormale lorsque l’on tient compte de la prime de risque (plus risqué de prêter à un particulier qu'à l'État français, donc taux mécaniquement plus élevé). Cette dernière est négative, ce qui n’a pas véritablement de sens à long terme. Donc, la situation d’ici 2027 pourrait se normaliser avec soit :

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    une baisse des taux obligataires français (ce que les banques anticipent)

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    une augmentation des taux d’intérêts en raison notamment d'une désillusion des marchés sur la capacité de la France à maîtriser son déficit.

En sachant que rien n’est gagné sur la question du déficit en France et que la question de l'élection présidentielle est centrale, il est particulièrement difficile de prédire avec certitude les taux immobiliers de 2027. La trajectoire budgétaire issue des élections de 2027 sera déterminante..

Ceci étant dit, envisageons ensemble les différents scénarios pour les taux immobiliers en 2027 !

Scénario 1 : baisse “raisonnable” d’ici 2027 grâce à la détente de l’OAT (et non grâce à la BCE)

Ce scénario n’est pas celui d’un retour magique aux taux pré-Covid, mais d’une baisse modérée liée à une variable clé : la détente des taux longs français.

Pourquoi les taux pourraient baisser d’ici 2027 ?

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    Inflation sous contrôle : les projections de l’Eurosystème anticipent une inflation autour de 2 % en 2026 et 2027, ce qui rend peu probable une remontée agressive des taux BCE à l’horizon 2027.

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    Détente du risque France : si le marché est rassuré sur la trajectoire budgétaire et la stabilité politique, les taux à long terme pourraient baisser. Mais puisque la question budgétaire est éminemment politique, tout dépendra du résultat des élections en 2027 et des anticipations qui en sont faites.

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    Concurrence bancaire : avec des taux déjà proches de 3,2 % début 2026, la bataille commerciale peut pousser une partie des barèmes vers le bas si le coût de refinancement recule.

Quelles conséquences pour les emprunteurs en 2027 ?

  • Une capacité d’emprunt accrue : Avec des taux plus bas, les ménages pourraient emprunter davantage à mensualité égale, facilitant l'accès à la propriété.
  • Un marché immobilier dynamique : La baisse des taux favoriserait l'achat immobilier, maintenant une forte demande et soutenant les prix. Il est donc possible que l’économie sur le coût du crédit se traduise par une augmentation du prix de l’immobilier n'induisant aucun gain pour l'acheteur par rapport aux taux immobiliers actuels.

Scénario 2 : la stagnation des taux immobiliers jusqu’en 2027

C’est le scénario le plus cohérent si l’on prolonge ce que l’on observe fin 2025 et début 2026 : un marché du crédit stable, piloté par le taux obligataire, sans choc inflationniste majeur.

Dans un contexte de stabilisation, les taux immobiliers pourraient se maintenir autour des niveaux actuels. Ce scénario repose sur plusieurs hypothèses :

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    Un équilibre entre inflation et croissance : Si l'inflation est sous contrôle sans pour autant justifier une baisse significative des taux directeurs, la BCE pourrait adopter une posture neutre. En effet, si la croissance est au rendez-vous, la BCE n’a aucun intérêt à diminuer à nouveau ses taux pour dynamiser l’économie.

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    Des taux obligataires stables : Si les obligations d’État françaises ne connaissent ni forte hausse ni baisse marquée, les banques auront peu d'incitations à modifier leurs taux de crédit.

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    Une politique bancaire prudente : Face aux incertitudes économiques et géopolitiques, les banques pourraient préférer maintenir une certaine stabilité dans leurs offres de prêts à défaut d’incitations complémentaires.

Quelles conséquences pour les emprunteurs ?

  • Les ménages auront toujours accès au crédit en 2027, mais les conditions ne seront ni plus favorables ni plus restrictives.
  • Le marché immobilier pourrait continuer à croître progressivement porté par la crise du logement et l’éventuelle augmentation de la capacité d'emprunt des ménages.

Scénario 3 : une augmentation des taux immobiliers en 2027

Si les taux immobiliers devaient repartir à la hausse, plusieurs facteurs pourraient en être responsables :

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    Un retour de l'inflation : Une reprise de l'inflation au-delà de 3 % pousserait la BCE à relever ses taux directeurs, rendant le coût du crédit plus élevé. Le retour de l’inflation pourrait être dû à plusieurs phénomènes tels qu’une hausse du coût de l’énergie, une guerre, la raréfaction de certaines ressources critiques, une augmentation des tarifs douaniers dus à des mesures protectionnistes…

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    Une dégradation de la dette française : Si la France fait face à des difficultés budgétaires, les investisseurs pourraient exiger des taux obligataires plus élevés, ce qui impacterait les taux des crédits immobiliers. Ce risque est réel, la France est à une note de l’exclusion de la catégorie des emprunteurs “sans risque”. Une nouvelle dégradation de la France entraînerait probablement une hausse des taux d’intérêt.

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    Une politique bancaire plus stricte : Une augmentation des risques de défaut des ménages pourrait inciter les banques à durcir leurs conditions de prêt et à relever leurs taux pour se protéger.

En réalité, il est difficile de prédire à l’avance la probabilité d’occurrence de ces scénarios d’ici 2027. Mais, il faut être conscient que les taux immobiliers ne sont pas voués à baisser indéfiniment et qu’il n’est pas improbable d’assister à une reprise à la hausse en 2027 !

Quelles conséquences pour les emprunteurs ?

  • Une baisse de la capacité d'emprunt : Avec des taux plus élevés, le coût du crédit augmenterait, réduisant la capacité d'achat des ménages.
  • Un possible ralentissement du marché immobilier : La demande pourrait diminuer, entraînant une baisse des prix ou une stagnation des transactions.
  • Des dossiers plus scrutés : Les banques pourraient être plus exigeantes sur l'apport personnel et la stabilité financière des emprunteurs.

Estimation des taux immobiliers en 2027 selon les scénarios

Durée du prêtScénario 1 : Baisse raisonnableScénario 2 : StabilisationScénario 3 : Hausse des taux
15 ans2,10 % – 2,60 %2,60 % – 3,10 %3,20 % – 3,90 %
20 ans2,40 % – 3,00 %3,00 % – 3,60 %3,80 % – 4,60 %
25 ans2,60 % – 3,25 %3,20 % – 3,85 %4,10 % – 5,00 %

Faut-il reporter son achat immobilier pour miser sur une baisse des taux en 2027 ?

Nos estimations montrent que les taux immobiliers en 2027 pourraient évoluer entre 2,4 % et 5 % selon le scénario économique. Autrement dit : une baisse est possible, mais une stabilité voire une hausse reste tout aussi plausible.

Attendre dans l’espoir d’un meilleur taux comporte donc un risque. Si les taux baissent, il sera toujours possible de renégocier ou faire racheter son crédit. En revanche, si les taux remontent au-delà de 4 %, la perte de capacité d’emprunt sera immédiate.

Le bon timing dépend avant tout de votre situation personnelle et de la maturité de votre projet.

Si votre achat est prêt, mieux vaut sécuriser votre financement dès maintenant et optimiser votre taux avec l’accompagnement d’Helloprêt, plutôt que de spéculer sur une hypothétique baisse en 2027.

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Olivier Jourdan, Fondateur d’Helloprêt
"Courtier immobilier depuis plus de 15 ans, je vous évite les tracas de la recherche de financement en chassant pour vous les meilleurs taux du marché"

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