Comment renégocier son assurance emprunteur ?

Une fois le compromis signé un délai assez bref s’ouvre pour trouver un crédit immobilier et une assurance de prêt. Pris par le temps, vous avez peut-être signé bille en tête le contrat groupe proposé par votre banquier. Vous vous rendez compte ensuite que vous pouvez trouver moins cher ailleurs. Alors, comment renégocier votre assurance emprunteur et à quel moment ? On vous donne les clés pour réaliser de substantielles économies !

À quoi sert l’assurance emprunteur ?

Le saviez-vous ? L’assurance emprunteur n’est légalement pas obligatoire. Alors pourquoi payer chaque mois d’onéreuses cotisations vous demandez-vous ? Tout simplement parce que sans assurance de prêt, vous n’obtiendrez pas de financement de la banque.

Particulièrement si vous êtes primo-accédant. Les emprunteurs déjà propriétaires d’un bien peuvent parfois décrocher un prêt immobilier sans assurance, à condition de souscrire une sûreté coûteuse. Pour les autres acquéreurs, l’assurance est toujours requise, tout simplement parce qu’il faut sécuriser l’opération de crédit. Vous vous engagez en effet à rembourser votre emprunt sur de longues années.

Comme malheureusement, personne n’est à l’abri d’un coup du sort, la banque vous demande d’être assuré au minimum contre le décès et la perte totale et irréversible de l’autonomie (PTIA) pendant toute la durée du prêt. Si l’un de ces aléas se réalise, l’assureur prendra le relais pour verser le capital restant dû à la banque.

De la même manière, l’assurance sert à vous protéger vos proches et vous. En cas de pépin, vos héritiers et vous n’aurez pas à vous préoccuper du remboursement des mensualités d’emprunt. Cette sécurité a un prix : jusqu’à 30 % du coût total du crédit. Renégocier votre assurance emprunteur s’avère donc intéressant pour économiser gros ou d’ajouter des garanties au contrat.

Lire aussi : Comment marche l’assurance de prêt immobilier ?

Pourquoi changer d’assurance de prêt immobilier ?

  1. Pour diminuer le montant des primes

Il existe deux types d’assurance emprunteur : le contrat groupe et la délégation d’assurance. Le premier vous est proposé par la banque en même temps que l’offre de prêt. Le second vous est proposé par un autre établissement que celui qui vous octroie le prêt immo.

Généralement, le contrat groupe revient plus cher que la délégation. Pour quelles raisons ? Les banques prennent une marge plus conséquente sur les assurances de prêt. En outre, dans le cadre du contrat groupe, les risques sont mutualisés, donc répartis entre tous les assurés, indépendamment de leur profil d’emprunteur.

À l’inverse, la délégation d’assurance est un contrat individualisé, qui prend en compte les spécificités de l’emprunteur. Si pressé par le temps, vous avez choisi le contrat groupe, rien ne vous empêche de renégocier votre assurance emprunteur pour en diminuer le coût.

  1. Parce que votre situation a changé

Autre raison qui peut vous pousser à renégocier votre assurance emprunteur : un changement dans votre situation professionnelle ou personnelle. Avant de vous proposer un taux, l’assureur vous demande de remplir un questionnaire médical, pour en savoir plus sur votre métier, votre état de santé et les facteurs de risques de votre profil.

En fonction des réponses, la banque ou l’assureur décide du montant des cotisations. Or l’exercice d’une profession ou d’un sport à risque, une mauvaise habitude de consommation (fumer, notamment) aura une influence significative sur celui-ci. Vous avez donc tout intérêt à renégocier votre assurance emprunteur, si par exemple, vous avez troqué votre casque de pompier pour le clavier d’un employé de bureau. Ou si vous avez écrasé votre dernière cigarette il y a déjà quelques années.

  1. Pour obtenir une meilleure couverture

Ultime motif de renégociation de votre assurance emprunteur : être mieux assuré. L’étendue des garanties peut varier d’un établissement à l’autre, même si tous les contrats proposent au moins la couverture contre le décès et la PTIA.

Les autres garanties (invalidité, incapacité et perte d’emploi) sont le plus souvent optionnelles et représentent un surcoût important en fonction du contrat et de l’assureur. En renégociant votre assurance emprunteur, vous pouvez obtenir un niveau de couverture plus élevé, sans que celui-ci ne vous revienne forcément plus cher.

Quand renégocier son assurance de prêt ?

Pendant longtemps, il était impossible de renégocier son assurance emprunteur une fois le contrat signé. Vous étiez littéralement pris en otage par la banque avec laquelle vous aviez passé le contrat. Pour favoriser la concurrence et vous permettre de faire des économies sur le montant de vos primes, deux textes ont été votés : la loi Hamon en 2014 et l’amendement Bourquin en 2017. Avant de vous les exposer en détail, sachez que pour pouvoir changer d’assurance, vous devez respecter une obligation : les garanties du nouveau contrat doivent être équivalentes à celles de l’ancien. En clair, il doit être aussi couvrant que le précédent. Alors, quand peut-on renégocier son assurance emprunteur ?

  1. À tout moment la première année grâce à la loi Hamon sur l’assurance emprunteur

Vous avez la possibilité de renégocier votre assurance emprunteur à tout moment pendant l’année qui suit la signature du contrat. Bien entendu, vous devez trouver un nouvel assureur avant de résilier l’ancien contrat, pour que votre prêt soit toujours garanti. Vous avez jusqu’à 2 semaines avant la date anniversaire du contrat pour envoyer votre demande de résiliation par lettre recommandée avec avis de réception.

  1. Changer d’assurance de prêt immobilier après 1 an avec la loi Bourquin

La loi Bourquin vous permet de renégocier votre assurance emprunteur à chaque date anniversaire une fois la première année échue, à condition de respecter un délai de préavis de 2 mois. Qu’entend-on par date anniversaire ? Celle de la signature du crédit immobilier, du premier prélèvement des primes, de l’adhésion à l’assurance ?

Longtemps, on est resté dans le flou le plus total, ce qui permettait aux banques peu scrupuleuses de refuser le changement de contrat pour cause de délai dépassé. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a émis une recommandation : est désormais considérée comme la date anniversaire celle à laquelle vous avez signé votre offre de prêt.

Lire aussi : Changer d’assurance emprunteur avec la loi Bourquin

Comment renégocier son assurance emprunteur avec la même banque ?

Il vous faut d’abord trouver votre nouvel assureur. Il s’agira le plus souvent d’un acteur en délégation d’assurance, car il est peu probable que votre banque accepte de baisser le taux auquel vous avez initialement signé. Pour comparer les offres entre elles et obtenir un tarif moins élevé, vous pouvez vous baser sur le TAEA, le taux annuel effectif de l’assurance.

Celui-ci figure sur la fiche standardisée d’informations (FSI) et inclut les frais annexes à l’assurance. Une tâche quelque peu fastidieuse, que vous pouvez confier à un courtier HelloPrêt, qui se chargera à votre place de dénicher le meilleur taux d’assurance emprunteur. Pour avoir d’ores et déjà une vision de ce qu’on peut vous proposer, utilisez notre simulateur !

Une fois que vous aurez trouvé la délégation d’assurance qui vous offre idéalement un tarif plus bas et des garanties plus nombreuses, vous transmettrez la demande de résiliation du contrat initial à votre banquier. En respectant les délais de la loi Hamon ou Bourquin, cela va de soi. Si les garanties sont bien équivalentes au contrat de base, le banquier ne pas vous refuser le changement. Il dispose d’un délai de 10 jours pour répondre à votre demande.

Lire aussi : Quel est le taux d’assurance d’un prêt immobilier en fonction de l’âge ?

Comment renégocier son assurance emprunteur avec une autre banque ?

Autre hypothèse à envisager, renégocier votre crédit immobilier en même temps que votre assurance emprunteur, auprès d’une autre banque. Il s’agira ici d’un rachat de prêt, qui peut s’avérer avantageux à double titre, puisque vous ferez des économies à la fois sur le montant de vos mensualités et sur vos cotisations. Comment savoir si cette opération est judicieuse ?

  • Il vous faut obtenir un taux d’emprunt inférieur idéalement d’au moins 1 point par rapport à celui de votre prêt actuel ;
  • Vous devez vous situer dans la première moitié de remboursement de votre crédit. En effet, dans le cadre d’un prêt amortissable, la part des intérêts est dégressive. Au début, vous remboursez plus d’intérêts et fil des années, plus de capital. En outre, si vous faites racheter votre prêt par un concurrent, vous devrez payer des indemnités de remboursement anticipé. Ainsi, il faut que le capital restant dû soit suffisamment important pour justifier le surcoût lié au changement ;
  • Le taux d’assurance doit être inférieur d’au moins 0.2 % ou vous proposer plus de garanties pour le même tarif.

Combien coûte un changement d’assurance emprunteur ?

Rassurez-vous, la renégociation d’assurance emprunteur est peu coûteuse, voire gratuite ! La loi Hamon interdit aux banques de vous facturer des frais d’étude de dossier ou d’émission d’avenants dans le cadre de la délégation d’assurance. La validation du nouveau contrat est donc gratuite.

En revanche, l’assureur peut exiger le versement de frais d’adhésion, qui reviennent en moyenne à une vingtaine d’euros. S’il vous demande de réaliser certains tests médicaux, il devra prendre leur coût en charge. En somme, il n’existe aucun frein pour renégocier votre assurance emprunteur, vous avez vraiment tout à y gagner !

Questions fréquentes sur ce sujet

  • Comment vérifier que le nouveau contrat respecte bien les conditions d’équivalence de garanties ?

    5 garanties sont proposées par les banques et assureurs : décès, PTIA, ITT, IPT et IPP. Votre banquier doit détailler les critères d’équivalence pour chacune d’elles. Il existe une liste de 18 critères établie par le CCSF, votre banque doit en sélectionner 11 et vous les communiquer sur la FSI.

  • Que faire si le banquier refuse la renégociation d’assurance de prêt ?

    Si l’équivalence des garanties est respectée, votre banquier n’a pas le droit de refuser le changement. S’il s’obstine, vous pouvez contacter le service de réclamation de votre banque, puis saisir le médiateur. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) peut vous donner des informations sur l’interlocuteur compétent pour votre réclamation.