Prêt sur 25 ans pour investissement locatif : est-ce possible ?
Votre banque vous propose 20 ans, vous en visiez 25. L'écart porte sur environ 150 € de mensualité, et bien souvent sur la faisabilité même de l'opération.
Voici ce que dit la règle, ce que font réellement les banques, et comment obtenir la durée que vous demandez.
A retenir :
Rien n'interdit d'emprunter sur 25 ans pour un investissement locatif : le plafond de 25 ans fixé par le HCSF s'applique à tous les crédits immobiliers, quelle que soit la destination du bien. Beaucoup de banques refusent pourtant cette durée en locatif, par règle interne. Un refus vaut donc pour l'établissement qui l'a prononcé, pas pour votre projet.
- Le plafond réglementaire est de 25 ans : il ne distingue nulle part la résidence principale de l'investissement locatif.
- Le refus est fréquent et il est commercial : beaucoup d'établissements plafonnent le locatif à 20 ans sans y être tenus.
- Le vrai verrou est le calcul : la banque ne peut pas soustraire le loyer de la mensualité, elle doit faire tenir la mensualité entière sous 35 % en ajoutant le loyer décoté à vos revenus.
- 27 ans restent possibles dans deux cas seulement : un achat sur plan ou une construction, et un achat dans l'ancien avec au moins 10 % de travaux.
- Aucune liste de banques n'est fiable : ces politiques ne sont pas publiées et sont révisées plusieurs fois par an.
- Passer de 20 à 25 ans allège la mensualité d'environ 13 % : et alourdit les intérêts d'environ 31 %, pour un écart de taux de seulement 8 centièmes de point.
Peut-on emprunter sur 25 ans pour un investissement locatif ?
Oui sur le plan de la règle, souvent non dans le bureau du conseiller. La réponse tient en deux temps, et c'est là que se joue tout le sujet.
Aucun texte ne l'interdit. Le plafond applicable vient du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), l'autorité qui fixe les conditions d'octroi des crédits immobiliers. Sa décision impose deux limites aux banques :
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un taux d'effort qui n'excède pas 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise ;
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une maturité de crédit qui n'excède pas 25 ans.
Ce texte ne mentionne nulle part la destination du bien. Le studio que vous allez louer et l'appartement que vous allez habiter relèvent exactement du même plafond.
Beaucoup de banques refusent pourtant. Un grand nombre d'établissements plafonnent le locatif à 20 ans par règle interne de gestion du risque. Un refus sur 25 ans n'est donc pas l'application d'une norme, c'est un choix commercial, et il ne vaut que pour l'établissement qui l'a prononcé.
Peut-on aller au-delà de 25 ans ?
Presque jamais. La maturité peut atteindre 27 ans, mais uniquement dans des situations où vous n'entrez pas immédiatement dans les lieux :
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un achat en VEFA (vente en l'état futur d'achèvement), une construction de maison individuelle ou un contrat de promotion ;
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un achat dans l'ancien assorti de travaux représentant au moins 10 % du coût total de l'opération.
Ces deux années supplémentaires ne sont pas de l'amortissement. Ce sont des mois de différé, pendant lesquels vous ne remboursez pas encore le capital. La période d'amortissement, elle, reste plafonnée à 25 ans.
Les banques disposent par ailleurs d'une marge pour déroger à ces critères, limitée à 20 % de leur production trimestrielle.
Elle vous concerne peu. Au moins 70 % de cette marge est réservée aux acquéreurs de leur résidence principale, ce qui laisse 6 % de la production libre d'affectation pour tout le reste, investissement locatif compris.
Astuce : Si votre projet comporte des travaux, chiffrez-les avant de déposer votre dossier. Franchir le seuil des 10 % du coût total de l'opération ouvre la possibilité d'un différé, donc deux années de plus pour rembourser.
Pourquoi les banques préfèrent-elles 20 ans pour un investissement locatif ?
Les banques estiment (à juste titre pour le coup) qu'un projet locatif ne devrait pas avoir besoin de 25 ans pour tenir debout, et parce que la durée longue accroît leur exposition sur un bien qu'elles jugent moins sûr qu'une résidence principale.
Trois arguments reviennent systématiquement :
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Le loyer est censé porter une bonne partie de la mensualité. Si votre opération réclame 25 ans pour s'équilibrer, la banque en déduit que sa rentabilité est fragile.
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Le risque locatif est réel : vacance entre deux locataires, impayés, dégradations. Rien ne garantit que les loyers tombent tous les mois pendant 25 ans.
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L'engagement est long sur un bien que vous n'occupez pas, et que vous revendrez peut-être plus vite qu'un logement familial.
Quelles banques prêtent sur 25 ans pour du locatif ?
Il n'existe pas de liste. C'est la réponse honnête, et c'est aussi la plus utile.
La durée maximale accordée en investissement locatif relève de la politique de crédit de chaque établissement. Elle n'est pas publiée, elle diffère d'un réseau à l'autre, parfois d'une caisse régionale à l'autre au sein d'un même groupe, et elle est révisée au gré des objectifs commerciaux.
Trois conséquences pratiques :
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Un refus chez votre banque ne préjuge en rien de la réponse des autres.
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Une liste d'établissements trouvée en ligne a de fortes chances d'être périmée, car ces politiques bougent plusieurs fois par an.
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Interroger les bons établissements dans le bon ordre vaut mieux que multiplier les demandes au hasard, chacune mobilisant un dossier complet et plusieurs semaines.
Astuce : Votre meilleure chance (et la plus simple) de trouver un prêt pour un investissement locatif sur 25 ans reste de passer par un courtier immobilier !
À quelles conditions obtenir un prêt locatif sur 25 ans ?
Votre dossier doit rassurer sur deux points : votre capacité à absorber la mensualité même si le bien ne se loue pas, et la solidité du projet lui-même.
Sur votre situation personnelle, la banque examine :
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le taux d'effort, plafonné à 35 % assurance comprise, tous crédits en cours confondus ;
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la stabilité des revenus, c'est-à-dire l'ancienneté professionnelle, la nature du contrat, la régularité des résultats pour un indépendant ;
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la tenue des comptes sur les derniers mois : découverts, épargne régulière, crédits à la consommation récents ;
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l'apport personnel, qui couvre au minimum les frais de notaire et de garantie. Sur une durée longue en locatif, certaines banques en demandent davantage.
Sur le projet locatif, elle attend :
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une estimation de loyers établie par un professionnel, et non une projection maison ;
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un emplacement qui soutient la demande locative : bassin d'emploi, transports, établissements d'enseignement ;
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un rendement cohérent avec le prix payé.
Les pièces à réunir sont les suivantes :
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les trois derniers bulletins de paie, ou les derniers bilans comptables si vous êtes indépendant ;
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les trois derniers relevés de compte bancaire ;
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le dernier avis d'imposition ;
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l'estimation des loyers futurs ;
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le justificatif de l'apport personnel ;
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le compromis de vente.
Astuce : Faites établir l'estimation de loyers par une agence du secteur avant de déposer le dossier. Une fourchette écrite par un professionnel local pèse bien plus lourd qu'un chiffre relevé sur une annonce.
20 ou 25 ans : qu'est-ce que la durée change vraiment ?
Deux choses, et une seule est réellement sensible. Votre mensualité baisse d'environ 13 %, votre coût d'intérêts augmente d'environ 31 %. Le taux, lui, bouge à peine.
| 20 ans | 25 ans | |
| Taux nominal | 3,22 % | 3,30 % |
| Mensualité | 1 131 € | 980€ |
| Intérêts totaux | 71 500 € | 94 000 € |
Simulation pour 200 000 € empruntés, hors assurance emprunteur et hors frais annexes. Taux moyens constatés en juin 2026, source Observatoire Crédit Logement/CSA. Estimation donnée à titre indicatif.
Le point que l'on attend rarement se lit sur la première ligne : l'écart de taux entre 20 et 25 ans est rarement significatif. Allonger la durée ne vous coûte presque rien en taux, cela vous coûte cinq années d'intérêts supplémentaires.
La bonne question n'est donc pas de savoir quelle durée revient le moins cher, puisque la réponse est connue d'avance. Elle est de savoir ce que vous ferez des 151 € par mois que la durée longue libère.
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Si cette somme sert d'amortisseur face à la vacance, aux travaux et à la fiscalité, les 25 ans se défendent pleinement.
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Si elle finance un second projet, l'écart de coût se compare au rendement de ce projet, pas à zéro.
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Si elle ne sert à rien en particulier, 20 ans vous coûtent 22 000 € de moins.
Astuce : Notre comparateur de prêt immobilier et notre calculette de mensualités permettent de refaire ce calcul avec vos propres chiffres.
Les intérêts déduits changent-ils le calcul ?
En partie, si vous êtes au régime réel.
Les intérêts d'emprunt sont déductibles de vos revenus locatifs, en location nue comme en location meublée, à condition d'avoir opté pour le réel et non pour le régime forfaitaire. Sur les 22 450 € d'intérêts supplémentaires du tableau ci-dessus, une fraction revient donc sous forme d'économie d'impôt.
Une limite à connaître : cette déduction s'impute sur vos loyers, pas sur votre salaire. Si les intérêts creusent un déficit, la part qui leur correspond n'est pas imputable sur votre revenu global. Elle est seulement reportable sur vos revenus fonciers des dix années suivantes.
Payer plus d'intérêts pour payer moins d'impôt reste donc une mauvaise opération prise isolément. La déduction adoucit le surcoût de la durée longue, elle ne l'efface pas.
Lire aussi : La fiscalité des revenus locatifs d'une location nue : micro foncier ou régime réel ?
Que faire si la banque refuse les 25 ans ?
Un refus porte presque toujours sur un paramètre précis. Identifiez lequel avant de présenter le dossier ailleurs.
Lire aussi : Que faire en cas de refus de prêt immobilier ?
Renforcer le dossier
Augmenter l'apport de quelques milliers d'euros, assainir les comptes sur trois mois, ajouter un co-emprunteur, produire une estimation de loyers plus solide. Ces ajustements font basculer plus de dossiers qu'on ne l'imagine.
Ajuster les paramètres du projet
Réduire légèrement le montant emprunté, ou revoir le bien visé. Un dossier dans lequel le loyer couvre l'essentiel de la mensualité passe beaucoup plus facilement.
Demander un différé de remboursement
Pendant un à deux ans, vous ne remboursez pas le capital : en différé partiel, vous payez les intérêts et l'assurance, en différé total, l'assurance seule.
Deux réserves cependant :
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le différé ne repousse la maturité au-delà de 25 ans que dans les cas d'achat sur plan ou de travaux vus plus haut ;
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il alourdit le coût total du crédit, puisque les intérêts continuent de courir pendant cette période.
Lire aussi : En quoi consiste le prêt à différé de remboursement ?
Lisser vos prêts si vous en remboursez déjà un
Le lissage de prêts peut également débloquer la situation. La banque module les échéances de votre nouveau prêt pour maintenir une mensualité globale constante, ce qui contient votre taux d'effort au démarrage.
Pourquoi passer par Helloprêt pour un prêt locatif sur 25 ans ?
Parce que sur ce sujet précis, tout se joue sur la politique interne de chaque banque, et que cette information ne se trouve nulle part en ligne.
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