Comment emprunter en France pour acheter à l’étranger ?
Acheter un bien immobilier à l’étranger fait rêver de nombreux Français : résidence secondaire au soleil, investissement locatif ou projet d’expatriation. Mais une question revient systématiquement au moment de se lancer : peut-on emprunter en France pour financer un achat immobilier hors du territoire ?
Entre exigences bancaires renforcées, choix des garanties, fiscalité et risque de change, ce type de projet demande une vraie préparation.
À retenir :
- Emprunter en France pour acheter à l’étranger est possible, mais les banques sont plus exigeantes que pour un achat immobilier classique en France.
- La garantie est le point clé du financement : hypothèque sur un bien en France ou nantissement d’épargne sont le plus souvent indispensables.
- Le risque de change et la fiscalité française doivent être anticipés pour éviter toute mauvaise surprise sur le coût global du projet.
- Un accompagnement par un courtier spécialisé comme Helloprêt permet de sécuriser le montage, d’optimiser le dossier et d’augmenter les chances d’obtenir un prêt dans de bonnes conditions.
Peut-on emprunter en France pour acheter un bien immobilier à l’étranger ?
En théorie, oui, il est possible d’emprunter auprès d’une banque française pour financer l’achat d’un bien immobilier à l’étranger. En pratique toutefois, ce type de projet est plus complexe qu’un achat immobilier classique en France et fait l’objet d’une analyse beaucoup plus stricte de la part des établissements bancaires.
La principale raison tient au niveau de risque perçu par les banques. Lorsqu’un bien est situé hors de France, la banque française ne bénéficie pas du même cadre juridique, ni de la même facilité d’exécution en cas de défaut de remboursement. Les procédures de saisie, les règles locales de propriété ou encore les différences de droit rendent la prise de garantie plus délicate. Résultat : les banques françaises sont généralement réticentes à financer directement un bien situé à l’étranger en prenant ce bien comme garantie.
Pour autant, cela ne signifie pas que le projet est impossible. Les banques françaises acceptent de financer ce type d’opération à condition de sécuriser le prêt autrement, le plus souvent grâce à :
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une garantie sur un bien immobilier situé en France (hypothèque ou IPPD) ;
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un nantissement d’épargne ou de placements financiers ;
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ou, plus rarement, une combinaison de garanties.
Il est donc important de comprendre que la faisabilité d’un emprunt en France pour un achat à l’étranger dépend moins du bien acheté que du profil de l’emprunteur et des garanties qu’il peut offrir. Revenus stables, situation professionnelle lisible, patrimoine existant et taux d’endettement maîtrisé sont des éléments déterminants dans la décision de la banque.
Conseil d’Helloprêt : Ce type d’opération pouvant amener son lot de complexité, nous vous recommandons vivement de passer par un courtier spécialisé. Pourquoi pas Helloprêt ?
Est-il intéressant d’emprunter en France pour acheter à l’étranger ?
Emprunter en France pour financer un bien immobilier situé à l’étranger peut être une option pertinente, mais elle n’est pas systématiquement la plus avantageuse. L’intérêt de cette solution dépend avant tout de votre situation personnelle, de la nature du projet et des conditions de financement accessibles localement.
Des conditions de crédit souvent attractives en France
L’un des principaux avantages à emprunter en France réside dans le niveau des taux d’intérêt, historiquement plus compétitifs que dans de nombreux pays. À profil équivalent, une banque française peut proposer :
-
des taux plus bas que ceux pratiqués localement ;
-
des taux fixes sur la durée (la plupart des crédits à l’étranger sont à taux variables)
-
des durées de remboursement plus longues ;
-
une meilleure lisibilité sur le coût total du crédit.
Pour un emprunteur disposant de revenus stables et d’un patrimoine en France, cela peut permettre de réduire significativement le coût global du financement.
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Emprunter en France ou à l’étranger : une question d’arbitrage
En pratique, il n’existe pas de réponse universelle. Emprunter en France est souvent intéressant si :
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vous disposez déjà d’un patrimoine en France ;
-
vos revenus sont majoritairement en euros (pour éviter les effets potentiellement négatifs des variations du taux de change) ;
-
vous recherchez un cadre sécurisé et des conditions de crédit compétitives.
À l’inverse, un financement local peut être plus adapté lorsque :
-
la banque locale accepte facilement le bien comme garantie ;
-
les revenus du foyer sont perçus dans la devise du pays d’achat ;
-
les contraintes bancaires françaises sont trop fortes.
Quels types de projets immobiliers à l’étranger peuvent être financés ?
Cela étant dit, sachez que toutes les opérations immobilières à l’étranger ne sont pas analysées de la même manière par les banques françaises. La nature du projet joue un rôle central dans l’étude du dossier, car elle influence à la fois le niveau de risque perçu et la structure du financement envisagé.
Résidence secondaire à l’étranger
L’achat d’une résidence secondaire à l’étranger est le cas le plus fréquemment rencontré. Il s’agit souvent d’un projet de confort ou de long terme (maison de vacances, pied-à-terre), sans objectif immédiat de rentabilité.
Du point de vue des banques françaises :
-
l’absence de revenus générés par le bien implique que le remboursement du prêt repose uniquement sur les revenus du foyer ;
-
le projet est généralement étudié comme une charge supplémentaire, au même titre qu’une résidence secondaire en France.
Ce type de projet peut être financé si l’emprunteur dispose de revenus suffisants et, surtout, d’une garantie solide en France.
Lire aussi : Prêt immobilier pour résidence secondaire : les solutions
Investissement locatif à l’étranger
Un investissement locatif à l’étranger est analysé de manière plus prudente. Même si le bien génère des loyers, les banques françaises :
-
appliquent souvent une décote importante sur les revenus locatifs étrangers ;
-
prennent en compte la fiscalité locale et les conventions fiscales internationales ;
-
s’interrogent sur la stabilité du marché immobilier et locatif du pays concerné.
En pratique, les loyers étrangers sont rarement intégrés à 100 % dans le calcul de la capacité d’emprunt. Là encore, la solidité du profil emprunteur et des garanties proposées reste déterminante.
Lire aussi : Prêt immobilier investissement locatif : guide complet et simulation gratuite
Achat à l’étranger dans le cadre d’une expatriation
Le financement d’un achat immobilier à l’étranger dans un contexte d’expatriation dépend fortement du calendrier et de la situation fiscale :
-
futur expatrié encore résident fiscal français ;
-
expatrié déjà installé à l’étranger ;
-
revenus perçus en euros ou en devise étrangère.
Les banques françaises sont généralement plus à l’aise lorsque :
-
l’emprunteur est encore résident fiscal français au moment de la demande ;
-
les revenus sont stables, pérennes et compréhensibles (contrat local, contrat d’expatriation, devise maîtrisée).
Ce type de projet nécessite une anticipation importante, car un changement de statut (résidence fiscale, devise des revenus) peut fortement impacter l’acceptation du dossier.
Quelles solutions pour emprunter en France quand le bien est à l’étranger ?
Lorsqu’un bien immobilier est situé hors de France, les banques françaises privilégient des montages sécurisés, reposant le plus souvent sur des garanties situées en France. Plusieurs solutions existent, avec des niveaux d’exigence variables selon votre profil et votre patrimoine.
Le crédit hypothécaire sur un bien situé en France
C’est la solution la plus courante. La banque vous accorde un prêt pour financer l’achat à l’étranger, mais prend une hypothèque sur un bien immobilier que vous possédez déjà en France (résidence principale, secondaire, investissement locatif).
Pourquoi cette solution fonctionne bien :
-
la garantie est soumise au droit français ;
-
la banque maîtrise les procédures en cas d’impayé ;
-
le financement peut porter sur des montants significatifs.
Lire aussi : Financer un achat immobilier grâce au prêt hypothécaire
Le montant que vous pouvez emprunter ne dépend pas uniquement du prix du bien acheté à l’étranger. La banque va analyser plusieurs éléments :
-
la valeur du bien hypothéqué en France, généralement estimée par un expert ou sur la base du marché ;
-
le capital restant dû s’il existe déjà un crédit sur ce bien ;
-
votre taux d’endettement global, qui doit rester dans les limites réglementaires ;
-
votre stabilité professionnelle et financière.
En pratique, la banque finance souvent une partie seulement de la valeur nette du bien hypothéqué, afin de conserver une marge de sécurité. Le reste du projet peut être couvert par un apport personnel ou une épargne complémentaire.
De plus, le recours à un crédit hypothécaire implique des frais spécifiques, qu’il est important d’anticiper dans le budget global du projet :
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frais de notaire liés à la mise en place de l’hypothèque ;
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frais d’inscription hypothécaire auprès des services compétents ;
-
frais de mainlevée, à régler lorsque le prêt est totalement remboursé ou en cas de revente du bien.
Ces frais représentent un coût supplémentaire par rapport à un crédit immobilier classique avec caution, mais ils sont souvent considérés comme le prix à payer pour rendre possible un financement à l’étranger via une banque française.
Bon à savoir : L’une des solutions pour minimiser les frais aurait été de souscrire une IPPD. Mais ce type de garantie n’est valable que si le prêt sert directement à financer l’acquisition du bien sur lequel porte la garantie, et uniquement pour un bien existant situé en France.
Le prêt avec nantissement d’épargne ou de placements
Autre option fréquente : le nantissement. Vous affectez une épargne ou des placements financiers (assurance-vie, comptes-titres, etc.) en garantie du prêt.
Cette solution s’adresse surtout aux profils patrimoniaux, car elle suppose :
-
un niveau d’épargne suffisant ;
-
une capacité à immobiliser ces actifs pendant la durée du crédit.
Mais elle présente plusieurs avantages :
-
pas d’hypothèque immobilière ce qui permet d’éviter les frais ;
-
mise en place souvent plus rapide ;
-
permet des montages financiers plus ambitieux tels que la souscription d’un prêt in fine.
Emprunter directement dans le pays où se situe le bien
Même si l’objectif est d’emprunter en France, il est important de mentionner l’alternative du financement local. Dans certains pays, les banques acceptent plus facilement le bien acheté comme garantie.
Cette solution peut être pertinente si :
-
vos revenus sont perçus dans la devise locale ;
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le système bancaire du pays est stable et accessible aux non-résidents.
En revanche, elle implique souvent :
-
des conditions de crédit moins protectrices ;
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un risque de change si vos revenus sont en euros ;
-
des démarches administratives locales plus complexes.
Le crédit à la consommation : une solution marginale
Le crédit à la consommation non affecté peut parfois être utilisé pour compléter un apport ou financer un petit projet à l’étranger. Toutefois, il reste peu adapté à l’immobilier :
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montants limités (75 000 euros maximum) ;
-
durées plus courtes ;
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taux d’intérêt plus élevés.
Il s’agit généralement d’une solution de dernier recours, et non d’un montage principal.
Quelles règles bancaires françaises s’appliquent à ce type de prêt ?
Même si le bien immobilier est situé à l’étranger, un emprunt contracté auprès d’une banque française reste soumis aux règles du crédit immobilier en France. Ces règles visent à encadrer le risque et à protéger l’emprunteur. Elles s’appliquent donc pleinement à ce type de projet.
Le taux d’endettement maximum
La banque française va d’abord vérifier que votre taux d’endettement respecte les recommandations en vigueur. Concrètement, l’ensemble de vos charges de crédit (nouveau prêt inclus), assurance emprunteur comprise, ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus nets.
Dans ce calcul, la banque prend en compte :
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vos crédits en cours (résidence principale, auto, conso, etc.) ;
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le futur prêt destiné à l’achat à l’étranger ;
-
parfois une estimation prudente des charges liées au bien (taxes, entretien).
Les revenus locatifs étrangers, lorsqu’ils existent, sont généralement intégrés de manière partielle, avec une décote, afin de tenir compte des risques spécifiques (vacance locative, fiscalité, change).
Bon à savoir : La banque dispose néanmoins d’une marge de manœuvre pour accepter des profils qui ne respectent pas les 35 % d’endettement maximum. Mais, cela reste une exception réservée aux meilleurs profils proposant des garanties suffisantes. Quoi qu’il en soit, mieux vaut passer par un courtier immobilier pour maximiser ses chances d’outrepasser cette règle.
Lire aussi : Calculer votre taux d'endettement
La durée maximale du prêt
Comme pour un crédit immobilier classique, la durée de remboursement est plafonnée, le plus souvent à 25 ans maximum (20 ans pour un investissement locatif). Dans certains cas spécifiques, la banque peut accepter un différé de remboursement (partiel ou total) en début de prêt de 2 ans maximum.
Cependant, plus la durée est longue, plus la banque sera exigeante sur la stabilité des revenus et la qualité des garanties.
Lire aussi : Quelle durée choisir pour votre prêt immobilier ?
L’assurance emprunteur
L’assurance emprunteur est quasi systématiquement exigée, même si le bien financé est situé à l’étranger. La banque vérifie notamment :
-
votre âge et votre état de santé ;
-
votre pays de résidence actuelle ou future ;
-
la cohérence entre votre situation professionnelle et les garanties d’assurance.
Dans un contexte d’expatriation ou de résidence à l’étranger, certaines garanties peuvent être adaptées ou faire l’objet de surprimes.
Une analyse renforcée du dossier
Enfin, ce type de projet fait l’objet d’une analyse plus approfondie qu’un achat immobilier classique en France. La banque cherche à s’assurer que :
-
le montage est juridiquement cohérent ;
-
le risque global (financier, fiscal, change) est maîtrisé ;
-
l’emprunteur est en capacité d’assumer le crédit sur la durée.
Attention au risque de change si le projet est hors zone euro
Lorsque le bien immobilier est situé hors zone euro, le risque de change doit être pris en compte dès le départ. Il apparaît lorsque vos revenus sont perçus en euros alors que le prix du bien, les loyers ou certaines charges sont libellés dans une autre devise.
Une évolution défavorable du taux de change peut :
-
augmenter le coût réel de l’acquisition ;
-
réduire la valeur des loyers une fois convertis en euros ;
-
déséquilibrer le budget du projet sur le long terme.
Les banques françaises intègrent systématiquement ce risque dans leur analyse. Elles peuvent appliquer une décote sur les revenus étrangers, exiger davantage de garanties ou refuser les montages jugés trop exposés.
Fiscalité : ce que vous devez savoir avant d’acheter à l’étranger
Acheter un bien immobilier à l’étranger ne vous dispense pas de vos obligations fiscales en France, en particulier si vous restez résident fiscal français. Même si l’imposition principale a lieu dans le pays où se situe le bien, l’administration fiscale française continue, dans de nombreux cas, à demander des déclarations spécifiques. Une bonne anticipation permet d’éviter les erreurs, les redressements et les mauvaises surprises.
Déclaration des revenus immobiliers étrangers
Lorsque le bien est mis en location, les revenus locatifs perçus à l’étranger doivent être déclarés en France, même s’ils sont déjà imposés localement.
Ces revenus sont généralement couverts par des conventions fiscales internationales, dont l’objectif est d’éviter une double imposition. Concrètement :
-
les loyers peuvent être exonérés d’impôt en France ou donner lieu à un crédit d’impôt ;
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en revanche, ils sont souvent pris en compte pour le calcul du taux effectif d’imposition appliqué à vos autres revenus français.
Cela signifie que, même sans impôt supplémentaire à payer sur ces loyers, ils peuvent augmenter votre niveau global d’imposition.
IFI et biens situés hors de France
Si vous êtes résident fiscal français, votre patrimoine immobilier est apprécié de manière globale. Les biens immobiliers détenus à l’étranger peuvent donc entrer dans l’assiette de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI), au même titre que les biens situés en France.
La valeur du bien doit être déclarée selon les règles françaises, en tenant compte :
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de la valeur vénale du bien ;
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des dettes éventuellement associées (crédit en cours) ;
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et des conventions fiscales, qui peuvent prévoir des aménagements selon les pays.
Ce point est souvent sous-estimé, alors qu’il peut avoir un impact significatif sur la fiscalité globale des ménages disposant d’un patrimoine important.
Compte bancaire à l’étranger : attention aux obligations déclaratives
L’achat d’un bien immobilier à l’étranger implique fréquemment l’ouverture d’un compte bancaire local, notamment pour :
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régler les charges et taxes locales ;
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encaisser des loyers ;
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payer des travaux ou frais de gestion.
Tout compte bancaire détenu à l’étranger doit être déclaré chaque année à l’administration fiscale française, même s’il est peu utilisé. En cas d’oubli ou d’omission, les sanctions peuvent être importantes, indépendamment du montant des sommes qui y transitent.
Conseil d’Helloprêt : L’ouverture d’un compte à l’étranger, même déclaré, entraîne la suspicion de l’administration fiscale pouvant conduire à des contrôles approfondis. Mieux vaut être parfaitement en règle avant d’envisager un achat à l’étranger.
Pourquoi se faire accompagner par Helloprêt pour un achat à l’étranger ?
Financer un achat immobilier à l’étranger est plus complexe qu’un projet classique en France. Les banques sont plus exigeantes sur les garanties, la structure du financement et la présentation du dossier. Un accompagnement spécialisé permet donc de sécuriser le projet dès le départ.
Helloprêt vous aide à définir le montage de financement le plus adapté (hypothèque, nantissement, arbitrage France/étranger) et à valoriser votre dossier auprès des banques françaises susceptibles d’accepter ce type d’opération.
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