Olivier Jourdan
Olivier Jourdan, le 18 décembre 2025

Prêt à échéance progressive : fonctionnement, avantages et inconvénients

Vous souhaitez devenir propriétaire, mais vos revenus sont amenés à évoluer dans les prochaines années ? Le prêt à échéance progressive pourrait être une solution intéressante pour alléger vos mensualités au départ, tout en anticipant une montée en puissance progressive de vos remboursements.

Souvent méconnu, ce type de crédit immobilier permet de démarrer plus « léger », mais il n’est pas sans contreparties. Dans quels cas est-il vraiment avantageux ? Est-ce un bon choix pour les jeunes actifs ? Et comment se compare-t-il à un prêt classique ou à un montage avec PTZ ?

Prêt à échéance progressive : définition simple et claire

Le prêt à échéance progressive, aussi appelé « prêt progressif », est une forme de crédit immobilier qui prévoit une évolution des mensualités au fil du temps. Contrairement à un prêt amortissable classique où les mensualités restent constantes (ou varient peu, dans le cas des taux variables), ici, les échéances augmentent à une fréquence déterminée dès la souscription du prêt.

Concrètement, cela signifie que vous commencez par rembourser des mensualités plus faibles, qui augmentent progressivement selon un taux d’évolution défini à l’avance (généralement entre 1 % et 2 % par an). Ce mécanisme permet d’aligner le remboursement du prêt sur la trajectoire attendue de vos revenus.

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Exemple : si vous empruntez 250 000 € avec un prêt progressif sur 20 ans, vos mensualités pourraient démarrer à 1 100 € et augmenter chaque année pour atteindre 1 300 € en fin de période. La hausse est linéaire ou selon un barème défini, mais toujours encadrée par le contrat.

Ce type de prêt convient donc aux emprunteurs dont les revenus sont amenés à croître régulièrement au fil des années, typiquement en début ou en milieu de carrière. Il constitue une alternative stratégique pour optimiser sa capacité d’emprunt ou réduire le coût total du crédit dans certains cas.

Comment fonctionne concrètement un prêt progressif ?

Le fonctionnement du prêt à échéance progressive repose sur un principe simple : les mensualités augmentent au fil du temps, selon un rythme fixé contractuellement avec la banque. L’idée est d’adapter le remboursement du crédit à l’évolution prévisible de vos revenus.

Une hausse encadrée et prévisible des mensualités

Au moment de la souscription, l’établissement prêteur détermine avec vous :

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    Le taux de progression des échéances, souvent compris entre 1 % et 2 % par an ;

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    La fréquence d’augmentation, généralement annuelle (mais certaines banques peuvent proposer des paliers semestriels) ;

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    Le calendrier de remboursement, incluant la durée maximale du prêt.

Cette croissance est automatique et contractualisée dès la signature de l’offre de prêt. Il ne s’agit donc pas d’une modulation libre comme dans un prêt modulable : l’augmentation est planifiée à l’avance.

Un calcul basé sur la projection de vos revenus

Pour accorder ce type de crédit, la banque va analyser de manière fine votre situation financière, en particulier :

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    Vos revenus actuels, mais aussi leur perspective d’évolution ;

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    Votre apport personnel ;

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    Votre capacité d’endettement (généralement plafonnée à 35 % des revenus).

L’objectif est de s’assurer que vous serez capable de suivre la progression des échéances sans vous mettre en difficulté. En effet, contrairement à un prêt classique, vous ne pouvez pas réduire vos mensualités si vos revenus stagnent ou diminuent.

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Bon à savoir : Dans un prêt à échéance progressive, l’augmentation des mensualités est prévue dès la signature du contrat et s’applique automatiquement selon un rythme défini (souvent 1 % par an). Il n’est généralement pas possible d’interrompre cette hausse, sauf en cas de renégociation exceptionnelle avec la banque. Ce type de prêt n’offre donc aucune flexibilité à la baisse contrairement à un prêt modulable. Assurez-vous que vos revenus suivront cette progression avant de vous engager.

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Quels profils peuvent bénéficier d’un prêt progressif ?

Le prêt à échéance progressive ne s’adresse pas à tous les emprunteurs. Il est même réservé à des profils bien identifiés, dont les revenus sont jugés capables d’évoluer régulièrement à la hausse. Avant d’accorder ce type de financement, les banques évaluent donc avec attention la stabilité de votre situation et la trajectoire prévisible de vos ressources.

Les emprunteurs en début ou en évolution de carrière

Ce type de prêt est particulièrement adapté aux profils suivants :

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    Les jeunes actifs : en début de carrière, avec un salaire amené à progresser rapidement (cadres, ingénieurs, professions réglementées, etc.) ;

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    Les fonctionnaires : grâce à la grille d’évolution indiciaire, ils bénéficient d’une revalorisation progressive de leur traitement, ce qui rassure les banques ;

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    Les professions libérales ou assimilées : à condition de démontrer une hausse constante du chiffre d’affaires ou des revenus professionnels ;

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    Les cadres en entreprise : leur parcours professionnel laisse généralement entrevoir des perspectives salariales solides.

Les investisseurs locatifs

Le prêt progressif peut aussi convenir à un investisseur immobilier. En effet, les loyers perçus sont considérés comme des revenus évolutifs dans le temps, en particulier dans les zones tendues où la revalorisation annuelle est fréquente ou en période d’inflation (permettant une revalorisation en conséquence). Ce profil peut ainsi profiter de mensualités allégées au départ, tout en capitalisant sur une rentabilité croissante du bien.

Lire aussi : Prêt immobilier investissement locatif : guide complet et simulation gratuite

Ce n’est pas pour tout le monde

À l’inverse, ce type de prêt est déconseillé pour les profils suivants :

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    Salariés en fin de carrière ou proches de la retraite ;

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    Professions à revenus instables ou non garantis (CDD, intérim, freelances en démarrage) ;

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    Emprunteurs sans visibilité claire sur leurs revenus futurs.

En résumé, la banque cherchera avant tout à minimiser le risque d’impayé en s’assurant que la progression des mensualités reste soutenable tout au long du prêt.

Quels sont les avantages du prêt à échéances progressives ?

Bien utilisé, le prêt progressif permet d’optimiser sa capacité d’emprunt et de réduire le coût global du crédit, tout en rendant le remboursement plus fluide dans le temps.

Un crédit potentiellement moins coûteux

En augmentant progressivement les mensualités, vous remboursez le capital plus rapidement, ce qui réduit le montant total des intérêts payés.

Exemple :

  • Montant emprunté : 300 000 € sur 20 ans
  • Taux d’intérêt : 3,40 %
  • Mensualités progressives de +1 % par an, à partir de 1 640 €
     ➡️ Durée réelle du prêt : 19 ans et 2 mois
     ➡️ Économie totale sur les intérêts : environ 800 € par rapport à un prêt à mensualité constante (1 724 €/mois)
 

Ce gain est modéré mais réel, surtout dans un contexte de taux élevés.

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Bon à savoir : Un prêt progressif est plus rentable si les mensualités de départ restent proches de celles d’un prêt classique et que la hausse annuelle est suffisamment marquée (+1 % ou +2 %). À l’inverse, si les mensualités démarrent trop bas ou augmentent trop lentement, le coût total du crédit peut devenir supérieur à celui d’un prêt amortissable classique.

Une capacité d’emprunt augmentée

Ce type de prêt permet également d’emprunter un capital plus important à mensualité de départ équivalente.

Exemple concret : Avec une mensualité initiale de 1 724 € et une augmentation annuelle de 1 %, vous pouvez emprunter jusqu’à 439 730 €, contre 300 000 € dans un prêt classique aux mensualités fixes.

➡️ Gain potentiel de capacité d’emprunt : près de 140 000 €

 

Ce surplus peut faire la différence pour accéder à un bien mieux situé, plus spacieux, ou pour couvrir des frais annexes.

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Bon à savoir : La capacité d’emprunt majorée grâce à un prêt progressif est une opportunité, pas une certitude. Elle dépend de votre profil, de votre stabilité financière, et de l’appréciation de la banque. On parle donc de gain potentiel, car il peut varier d’un emprunteur à l’autre. Pour maximiser l’effet du prêt progressif en définissant un véritable plan de financement, nous vous recommandons de vous rapprocher d’un courtier Helloprêt !

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Quels sont les inconvénients ou les risques à anticiper avec le prêt progressif ?

Le prêt à échéance progressive présente des avantages certains, mais il n’est pas sans contraintes. Ce type de financement impose un engagement de long terme et nécessite une vraie stabilité financière. Voici les principaux risques à connaître avant de s’y engager.

Des mensualités qui augmentent automatiquement

Contrairement à un prêt modulable, où l’on peut choisir d’augmenter ou de diminuer ses mensualités, le prêt progressif prévoit une hausse automatique et irrévocable. Cette progression, généralement de 1 à 2 % par an, est contractuellement encadrée dès la signature du prêt.

Il est en principe ompossible d’interrompre cette hausse, sauf exception ou renégociation avec la banque (rare).

Une pression financière croissante

Même si la hausse des mensualités semble modérée (généralement entre +1 % et +2 % par an), elle peut devenir contraignante au fil du temps. D’un point de vue nominal, les salaires en France évoluent eux aussi à un rythme comparable… mais pas toujours suffisant.

Selon les données récentes de l’INSEE, les salaires augmentent en moyenne de +1 % à +3 % par an en nominal, selon les années et les secteurs d’activité. Cela signifie qu’en théorie, la progression de vos revenus peut suivre celle de vos mensualités dans un prêt progressif.

Cependant, ce n’est pas garanti : une année sans revalorisation salariale, un changement de poste ou un aléa de carrière peuvent rompre cet équilibre fragile. Et contrairement à un prêt modulable, le prêt progressif ne permet aucun ajustement à la baisse des mensualités.

Simulation : prêt progressif vs prêt amortissable

Le prêt amortissable est la forme de crédit immobilier la plus courante. Chaque mois, vous remboursez une mensualité constante (ou presque), composée d’intérêts et de capital. Avant de faire votre choix, il est important de confronter les deux pour voir si vous y gagnez !

Prenons un cas simple pour comparer deux types de prêts immobiliers sur 20 ans :

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    Montant emprunté : 300 000 €

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    Taux d’intérêt : 3,40 % fixe

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    Mensualités progressives : +1 % par an

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    Mensualité de départ (progressif) : 5 % en dessous de la mensualité classique

CritèrePrêt classiquePrêt progressif (+1 %/an)
Mensualité initiale1 724 €1 638 €
Durée effective20 ans~19,2 ans
Coût total du crédit413 880 €413 087 €
Intérêts cumulés113 880 €113 087 €

Dans cet exemple, le prêt progressif permet de réduire légèrement la durée de remboursement (environ 10 mois) et d’économiser près de 800 € d’intérêts, tout en offrant des mensualités allégées au début. L’écart reste modeste sur 20 ans, mais il pourrait devenir bien plus significatif sur une durée plus longue, une mensualité initiale plus élévée ou avec une progression des mensualités plus marquée.

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Ajouter de la progressivité au prêt amortissable grâce au PTZ

Même si vous n’optez pas pour un prêt à échéance progressive, vous pouvez obtenir une forme de progressivité dans le remboursement de votre crédit en combinant un prêt amortissable classique avec un PTZ. Le mécanisme est différent : il repose sur une phase de différé de remboursement pour le PTZ, ce qui allège vos mensualités globales en début de prêt.

Un différé de remboursement qui allège les premières années

Le PTZ est normalement accordé dans le cadre d’une acquisition de la résidence principale, sous conditions de ressources et de zone géographique.

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    Le prêt est sans intérêts, ce qui signifie que vous ne payez que le capital emprunté.

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    Il comprend une période de différé pendant laquelle vous ne remboursez pas le PTZ (ni capital ni intérêt) ; ce différé peut aller de 2 ans à 10 ans selon votre tranche de revenus.

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    Ensuite, vous entrez dans la phase de remboursement du PTZ (durée typique de 10 à 15 ans), et la durée totale du PTZ ne peut pas dépasser 25 ans.

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    Pendant la période de différé, comme vous ne remboursez pas le PTZ, vos mensualités globales sont uniquement celles du prêt principal, ce qui crée un effet de progression lorsque le remboursement du PTZ commence plus tard.

Ce fonctionnement permet un allégement temporaire du budget, suivi d’une montée en puissance des mensualités, ce qui peut rappeler l’esprit d’un prêt à échéance progressive, tout en bénéficiant d’un coût nul d’intérêt sur la part PTZ.

Lire aussi : Simulateur PTZ 2025 : Testez votre éligibilité au PTZ

Un avantage double : coût et capacité d’emprunt

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    L’absence d’intérêt sur le PTZ réduit le coût global de votre financement, ce qui peut vous permettre d’emprunter davantage.

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    L’allégement des mensualités en début de projet permet d’augmenter votre capacité d’emprunt ou de sécuriser le financement dans les premières années.

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    En combinant un prêt amortissable et un PTZ, vous obtenez un profil d’amortissement décalé : mensualités légères au départ, montant stable ou croissant par la suite.

Attention : le PTZ est réservé à certains projets

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    Le PTZ est destiné aux primo‑accédants, sauf exceptions.

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    Il s’applique à l’achat de la résidence principale (neuf ou ancien sous conditions), dans des zones déterminées (selon la carte A, B1, B2, C) et avec des plafonds de ressources.

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    Il doit toujours être accompagné d’un prêt classique : le PTZ ne finance pas 100 % de l’opération.

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    Le montant maximum du PTZ peut atteindre 180 000 € dans le neuf et 132 000 € dans l'ancien avec travaux, selon la zone et la composition du foyer.

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    Le différé de remboursement dépend de la tranche de revenus : par exemple, pour les revenus modestes, différé jusqu’à 10 ans puis remboursement sur 15 ans.

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Bon à savoir : Le mécanisme du PTZ permet d’introduire de la progressivité dans le budget d’emprunt sans pour autant recourir à un prêt à échéance progressive. Cependant, sa réserve d’usage (primo‑accédants, zones, plafonds) rend son accès plus restrictif.

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Le prêt progressif est-il compatible avec un achat en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) ?
Est-ce que le prêt progressif existe aussi à taux variable ?
Peut-on renégocier un prêt progressif en cours de route ?
Olivier Jourdan
Olivier Jourdan, Fondateur d’Helloprêt
"Courtier immobilier depuis plus de 15 ans, je vous évite les tracas de la recherche de financement en chassant pour vous les meilleurs taux du marché"